‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean EudesChapitre 46 sur 394 · CHAPITRE XXVIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIL

Et afin que vous puissiez souvent regarder en ce petit livret comme. en un miroir, et que vous ne négligiez quelque chose par oubli, qu'il vous soit lu chaque semaine une fois. Et quand vous trouverez que vous faites ce qui est écrit en icelui, rendez-en grâces au Seigneur, distributeur de tous biens. Mais quand quelqu'une d’entre vous connaît d’avoir failli, qu’elle se repente du passé, et soit sur ses gardes pour l'avenir, priant Dieu que:son offense lui soit remise, et qu’elle ne soit point induite en tentation. Ainsi-soit-il.

Fin

VIVE JÉSUS ET MARIE

[I]. L'humble gloire des Religieuses de Notre-Dame de Charité.

Les Religieuses de Notre-Dame de Charité se peuvent humblement et saintement glorifier d'être (quoiqu'elles en soient infiniment indignes) les Filles dutrès saint Cœur de la Bienheureuse Vierge Marie. Car, outre qu’elles ont cela de commun avec toutes les âmes chrétiennes, d'avoir Jésus-Christ pour leur chef, et d'être ses membres, et ainsi de n'être qu’un avec celui qui, selon saint Augustin, est plus le fruit du Cœur que du ventre de cette précieuse Vierge, et par conséquent d'être les Filles de ce même:

1. Dans l'édition de 1670, cet avant-propos a le titre de Préface. Dans celle de 1737, on lui a donné le titre de Souhaits de l'Instituteur pour les Religieuses de Notre-Dame de Charité, et les tois articles qui le composent sont précédés de ces lignes imitées d'un article du Coutumier de la Visitation :

« L'intention générale des Religieuses de Notre-Dame de Charité, dans toute leur vie et exercices, doit être. de s'unir avec Dieu et la sainte Église, pour travailler avec zèle au salut du prochain, par la ferveur de leurs prières et par leurs bons exemples, mäis particulièrement par l’exacte observanc: de leur quatrième vœu. C'est pourquoi elles ne doivent rien tant désirer que d'être si vertueuses, que la bonne odeur de leur sainteté, en agréant à Dieu, se répande dans tous les cœurs des fidèles. Ce désir a porté leur Instituteur à écrire ces souhaits au commencement du livre de leur Profession. »

En tête du Directoire des choses spirituelles de la Visitation, Saint

eur : elles possèdent encore ce bonheur d une manière plus spéciale et singulière pour treis raisons principales. - Premièrement, elles sont les Filles du très aimable Cœur le la Mère de Dieu, parce que la vocation des personnes qui sont choisies de sa divine Majesté pour travailler n salut des âmes perdues, prend son origine d'une on particulière dans le très charitable Cœur de Jésus, tembrasé d'amour vers ces mêmes âmes, qui n'est iun même Cœur avec celui de sa très sainte Mère. Car, pre que ce divin Cœur soit la source de tous les bons lesseins, de tous les saints Instituts, et de tousles ouages de piété, néanmoins il l'est plus spécialement de x qui regardent directement le salut des âmes péchesses, comme étant la chose du monde qu'il chérit et il désire d'avantage, puisque ce très bénin Sauveur LIOUS assure quil est venu en ce monde, non pour les justes, mais pour les pécheurs.

Francois de Sales a placé un court préambule, intitulé lui aussi Souhaiïts particuliers, dont cet avant-propos du B. P. Eudes n’est évidemment qu'une imitation ; mais la différence est grande entre Fœuvre des deux fondateurs. Pour que le lecteur en puisse juger ai- Psémen!, voici dans son intégrité le texte de saint Francois de Sales :

[1]. « L'humble gloire des Sœurs de la Visitation.

M « Nous n'avons aucun bien que le bien de la dilection qui. est le L ben de la perfection ; car la dilection est forte comme la mort, et le zèle ferme comme l'enfer. Comme donc pourrait-t-on avoir des Veliens plus forts que les liens de la dilection, qui est le lien de la ne perfection ?

[21- « Souhaït, à l'imitation de celui que Job à fait

au 31° chapitre de son livre.

« À Jésus-Curist, NoTRE-SEIGNEUR.

-« O vrai Dieu ! mais qui me fera tant de grâce que le Tout-Puis- Sant écoute mon désir, et que lui-mêmeécrive ce livre. afin que je le porte sur mes épaules, et que je m'en environne comme d'une “ couronne, et que je le prononce à chaque pas, et que je le luioffre ‘comme à un prince ? Oui, Seigneur Jésus-Christ, écoutez l'exelamation que mon cœur fait pour vos servantes, écrivez vous-même L ‘ence livre, et ne permettez pas qu'aucune y mette jamais son nom “que par votre inspiration et mouvement, afin que ce volume soit

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