PORTER CELLES QUI LE PROFESSENT À EN FAIRE DE BON COUR LES FONCTIONS
: Comme il y a plusieurs demeures en la maison du Père céleste, aussi y a-t-il diverses familles et plusieurs ofmfices différents. Entre ces familles sont les Congrégations et Communautés religieuses, qui ont chacune leur emploi
et leur office particulier, conformément à la fin spéciale Mpour laquelle elles sont instituées. Car, encore qu'elles “n'aient toutes qu’une même fin dernière et générale, qui est de servir et glorifier Dieu par la pratique des con-
1. La 1" édition porte : des Prieure et Religieuses du Monastère. » La troisième: « pour les Prieure et Religieuses de la Congrégation de N:-D. de Charité établie à Caen. »
TPE
seils évangéliques : néanmoins chacune s'en prescrit une qui lui est propre et singulière, suivant le dessein particulier de son Institut.
Telle est la Congrégation des Filles Religieuses de Notre: Dame de Charité, dont la fin générale et qui lui est commune avec toutes les autres Congrégations qui sont dans l'Église, est de servir et honorer Dieu par l'observance exacte des saints vœux de Pauvreté, de Chasteté et d'Obéissance, et par une imitation parfaite de toutes les autres vertus de Notre-Seigneur et de sa très sainte Mère. Mais sa fin propre et particulière, et qui la distingue d'avec les. autres, c’est d’imiter autant qu’elles peuvent, moyennant: la divine grâce, la très ardente charité dont le très ai mable Cœur de Jésus Fils de Marie, et de Marie Mère de Jésus, est embrasé au regard des âmes créées à 4 et semblance de Dieu, et rachetées du précieux sang de son Fils, s’'employant de tout leur cœur, par l'exemple d'une sainte vie, par la ferveur de leurs prières et par l'efficace de leurs instructions, à la conversion des filleset femmes qui sont tombées dans le désordre d’une vie li. cencieuse, et qui, étant touchées de Dieu, veulent sortir de l’état du péché, pour faire pénitence sous leur conduite, et pour apprendre plus facilement les moyens de servir sa divine Majesté et de se sauver. Car, comme, dans l'Église de Dieu, il y a des Religieuses hospitalières, qui sont destinées pour avoir soin des corps malades : de’ même, il est bien nécessaire qu'il y ait des Religieuses dont les monastères soient comme des hôpitaux, pour y recevoir les âmes malades, et pour travailler à leur faire recouvrer la santé spirituelle; et comme il y a des Reli= gieuses Ursulines, dont le but principal est de s’employer à introduire la crainte de Dieu dans les âmes innocentes : aussi il est très important qu'il y en ait qui aient pour fin particulière de travailler à rétablir cette même crainte dans les âmes pénitentes. .
Mais, afin de s'appliquer avec plus d'affection et de cou-