‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean EudesChapitre 56 sur 394 · DE N.-D. DE CHARITÉ. — C. II · texte numérisé non relu

DE N.-D. DE CHARITÉ. — C. II

le ciel, où il est assis à la droite de son Père, mais aussi

dans la terre, où il est avec nous dans le très saint Sa-

crement, loue, adore et glorifie sans cesse son Père éternel. C'est pourquoi elles tâcheront de faire cette action saintement.

Et parce que leur premier et principal emploi est de travailler selon leur Institut au salut des âmes, afin qu’elles aient plus de temps et de forces pour y vaquer, elles ne seront obligées qu’au petit Office de Notre-Dame. Mais en le récilant ou chantant, elles s’efforceront de « prononcer « nettement et distinctement toutes les paroles », en sorte que l’on puisse entendre facilement tout ce qu'elles disent; comme aussi « d'observer les pauses, médiations et accents ; de modérer tellement leurs voix, les ajustant les unes aux autres », qu'on n’entende rien de discordant ; de n'anticiper point les versets, attendant que l’un soit entièrement achevé, pour commencer l’autre ; de composer leur maintien extérieur le plus modestement qu'elles pourront ; et surtout d'y apporter tout le recueillement et

la dévotion intérieure qui leur sera possible, et de n'user “point de fredons ni d'autres choses semblables, mais

chanter rondement, gravement et pieusement.

Elles n'auront point d'orgues ‘, et ne chanteront point

1.« Notre digne [nstituteur étant venu un jour, selon sa coutume, « dans notre église, il remarqua que nous avions des orgues. C'était « M. de Langrie, notre illustre fondateur, qui nous les avait données. « Il consulta Notre-Seigneur pour connaître sa volonté, et nons or-

« donna ensuite, de sa part, de les mettre au grenier jusqu'à ce que

« l'on eût occasion de les vendre. Ce qui fut exécuté sans que M. de « Langrie en témoignât la moindre peine, par le profond respect « qu’il avait pour notre Instituteur. Lorsque nous lui représentions « qu'il n'y avait rien qui attirât plus le monde à la dévotion, il nous « répondait que ce n'était pas là ce que Dieu demandait de nous, que « notre attrait particulier devait être l'humilité et la simplicité ; et « afin que, dans la suite, nous ne pussions nous écarter de sa volonté « sur ce sujet, il ajouta un article à nos Constitutions, qui n'étaient « point encore approuvées ni imprimées, par lequel il nous défendit expressément d’avoir des orgues. » Annales de N.-D. de Charité de « Caen, ms.

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de musique ‘ dans leur chœur, ni ne l'apprendront point, non plus qu'à jouer d'aucun instrument qu qu'il soit.

« Elles seront promptes au son de la cloche pour aller « au chœur, où elles s'achemineront avec gravitéret mo= « destie, et yentreront avec respect vers la majesté de « Dieu, qui y est aussi présent que dans le ciel: Etry « étant, après avoir fait la génuflexion et l’'adoration de= « vant le Saint Sacrement, elles prendront leurs places « paisiblement et sans faire bruit, et n’y parleront point « les unes avec les autres, sinon pour des choses ur « gentes ; et lors elles parleront fort bas, et en peu de « mots. Elles ne sortiront que pour des causes pres- « santes ; et l'office fait, aucune ne se remuera, que le « signe ne soit donné pour s’en aller. ;

« Si quelqu'une fait quelque faute qui se puisse répa- « rer, Celles qui s’en apercevront, la répareront douce- « ment et, s’il se peut, insensiblement, commé par « exemple, si celles qui commencent les Psaumes avaient» « pris l'un pour l'autre, les autres qui s'en apercevront, « sans faire semblant de cela, reprendront le Psaume « laissé, le poursuivant sans empressement ; mais celle & qui aura fait quelque faute notable, demandera par « après pardon à la Supérieure, en esprit d'humilité et « de soumission. Et parce que l'esprit humain prend bien « souvent des secrètes complaisances en ses propres in" « ventions, même quand c'est sous prétexte de piété ou « de dévotion, et qu'il arrive souvent que la. multitude « des offices empêche l'attention, l'allégresse et la révé" « rence avec laquelle on les doit faire, il ne sera loisible, « sous quelque prétexte que ce soit, de se charger « d’autres offices ou prières ordinaires, que de celles « qui sont marquées en ces Constitutions et au Direc-* « loire. Car ainsi les Sœurs auront plus de moyen de

l. L'édition de 1737 a ajouté ici les mots « en parties »:

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