LES DEUX AMIS, ACTE II, SCÈNE 1Y
MÉLAG FILS.
Us n’auraient plus besoin de vous trouver si belle, pour vous aimer éperdument. Revenons...
■ PAULINE
Dans un homme comme Saint-Alban, ces propos que vous redoutez ne sont que des galanteries d’usage et sans conséquence ; de la part des autres, c’est pure étourderie; de la vôtre...
MÉLAG FILS.
De la mienne?
PAULINE, gaiement.
De la vôtre... Mais je voudrais bien savoir pourquoi vous vous donnez les airs de m’interroger? Il faut avoir de grands titres pour user de pareils privilèges.
MÉLAC FILS
Ah! Pauline! il arrive, et vous plaisantez!
PAULINE, sérieusement.
Brisons là, je vous prie. Peut-être auriez-vous à vous plaindre de moi, si quelque autre avait lieu de s’en louer.
MÉLAC FILS, avec feu.
Ce Saint-Alban me fait trembler ; ôtez-moi cette inquiétude.
PAULINE
Que vous êtes importun !
MÉLAG FILS.
Défendez-moi seulement d’en avoir.
PAULINE
Oh! quand il veut une chose!... ( Étourdiment .) Si je vous le défends, m’obéirez-vous?
MÉLAG fils, lui baisant les mains avec transport.
Ma chère Pauline !
PAULINE, s'échappant.
Toujours le même ! on ne peut dire un mot sans être forcé de quereller ou de vous fuir.
[Elle sort.)