‹ Œuvres compleÌ€tes de Beaumarchais.: Nouv. éd., augmentée de quatre pieÌ€ces de théatre et documents divers inédits, avec une introductionChapitre 172 sur 803 · LES DEUX AMIS, ACTE IV, SCENE VII · texte numérisé non relu

LES DEUX AMIS, ACTE IV, SCENE VII

sonnelle contre le jeune homme : et, dans le dessein où je suis de vous demander une grâce pour moi-même...

AURELLY.

Je pourrais vous obliger?

SAINT-ALBAN

Sur un point de la plus haute importance.

AURELLY, vivement.

Tenez-moi pour déshonoré, si je vous refuse.

SAINT-ALBAN

Puisque vous m’encouragez, je vais parler. Vous connaissez ma fortune, mes mœurs; vous avez une nièce adorable, elle m’a charmé; je l’aime, et je vous demande sa main, comme la plus précieuse faveur...

AURELLY, stupéfait.

Vous me demandez... ma Pauline?

SAINT-ALBAN

Auriez-vous pris des engagements?

AURELLY, embarrassé.

En vérité, ce n’est pas cela; mais si vous la connaissiez mieux...

SAINT-ALBAN

Je l’ai plus étudiée que vous ne pensez.

AURELLY.

Cette enfant n’a pas de fortune.

SAINT-ALBAN

Sur un mérite comme le sien, c’est une différence imperceptible.

. AURELLY, à part.

Comment sortir de ce nouvel embarras !

SAINT-ALBAN

Vous m’avez flatté que je ne serais point rejeté.

AURELLY.

Monsieur!... vous n’êtes pas fait pour l’être...

SAINT-ALBAN

Et cependant...

AURELLY, embarrassé.

Soyez certain qu’elle est trop honorée de votre recherche, et que l’obstacle ne viendra pas de ma part. Mais...

SAINT-ALBAN

Vous me la refusez?

Croyez que... Avant de vous répondre, il faut que je prévienne ma nièce.

SAINT-ALBAN

Souvenez-vous, monsieur, que vous n’avez point d’engagement.

AURELLY.

Et l’affaire de Mélac?

SAINT-ALBAN

Ce soir nous en terminerons deux à la fois.

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