‹ Œuvres compleÌ€tes de Beaumarchais.: Nouv. éd., augmentée de quatre pieÌ€ces de théatre et documents divers inédits, avec une introductionChapitre 225 sur 803 · LES ACTEURS PRÉCÉDENTS, DON BASILE · texte numérisé non relu

LES ACTEURS PRÉCÉDENTS, DON BASILE

ROSINE, effrayée , à part.

le COMTE, à part.

FIGARO, â part.

Don Basile!

Juste ciel !

C’est le diable!

BARTHOLO va au-devant de lui .

Ah! Basile, mon ami, soyez le bien rétabli. Votre accident n’a donc point eu de suites? En vérité, le seigneur Alonzo m’avait fort effraye sur votre état; demandez-lui, je partais pour vous aller voir; et s’il ne m’avait point retenu...

BASILE, étonné.

Le seigneur Alonzo?

FIGARO frappe du pied.

Eh quoi! toujours des accrocs? Deux heures pour une méchante barbe... Chienne de pratique!

BASILE, regardant tout le monde.

Me ferez-vous bien le plaisir de me dire, messieurs...?

FIGARO

Vous lui parlerez quand je serai parti.

BASILE

Mais encore faudrait-il...

LE COMTE

11 faudrait vous taire, Basile. Croyez-vous apprendre à monsieur quelque chose qu il ignore? Je lui ai raconté que vous m’aviez charge de ven donner une leçon de musique a votre place.

BASILE, plus étonné.

La leçon de musique!... Alonzo!...

ROSINE, à part , Ci Basile.

Eh! taisez-vous.

Elle aussi!

LE COMTE, bas à Bartholo.

Dites-lui donc tout bas que nous en sommes convenus.

BARTHOLO, à Basile , à part.

N’allez pas nous démentir, Basile, en disant qu’il n’est pas votre élève, vous gâteriez tout.

Ah! ah!

BARTHOLO, haut.

En vérité, Basile, on n’a pas plus de talent que votre élève.

BASILE, stupéfait.

Que mon élève!... (Bas.) Je venais pour vous dire que le comte est déménagé.

BARTHOLO, bas.

Je le sais, taisez-vous.

BASILE, bas.

Qui vous l’a dit?

BARTHOLO, bas.

Lui, apparemment!

LE COMTE, bas.

Moi, sans doute : écoutez seulement.

ROSINE, bas Cl Basile.

Est-il si difficile de vous taire?

FIGARO, bas à Basile.

Hum! Grand escogriffe! Il est sourd!

BASILE, à part.

Qui diable est-ce donc qu’on trompe ici? Tout le monde est dans le secret !

BARTHOLO, haut.

Eh bien! Basile, votre homme de loi?...

Vous avez toute la soirée pour parler de l’homme de loi.

bartholo, à Basile.

Un mot; dites-moi seulement si vous etes content de l’homme de loi?

BASILE, effaré.

De l’homme de loi?

LE COMTE, souriant.

Vous ne l’avez pas vu, l’homme de loi?

BASILE, impatienté.

Eh! non, je ne l’ai pas vu, l’homme de loi.

LE COMTE, Ci Bartholo , à part.

Voulez-vous donc qu’il s’explique ici devant elle? Renvoyez-le.

BARTHOLO, bas au comte.

Vous avez raison. (A Basile.) Mais quel mal vous a doue pris si subitement?

BASILE, en colère.

Je ne vous entends pas.

LE COMTE lui met à part une bourse dans la maw. Oui : monsieur vous demande ce que vous venez faire ici, dans l’état d’indisposition ou vous etes.

FIGARO

Il est pâle comme un mort !

LE BARBIER DE SÉVILLE, ACTE III, SCÈNE XII

BASILE

Ah ! je comprends...

LE COMTE

Allez vous coucher, mon cher Basile : vous n’êtes pas bien, et vous nous faites mourir de frayeur. Allez vous coucher.

FIGARO

Il a la physionomie toute bouleversée. Allez vous coucher.

BARTHOLO

D'honneur, il sent la fièvre d’une lieue. Allez vous coucher.

ROSINE

Pourquoi donc êtes-vous sorti? On dit que cela se gagne. Allez vous coucher.

BASILE, au dernier étonnement.

Que j’aille me coucher!

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