‹ Œuvres compleÌ€tes de Beaumarchais.: Nouv. éd., augmentée de quatre pieÌ€ces de théatre et documents divers inédits, avec une introductionChapitre 230 sur 803 · SCÈNE l · texte numérisé non relu

SCÈNE l

(Le théâtre est obscur.)

BARTHOLO, DON BASILE, « ne lanterne de papier à la main.

Comment, Basile, vous ne le connaissez pas. ce que vous dites est-il possible?

BASILE

Oui, j’ai arrangé comme cela plusieurs petit» proverbes avec des variations. Mais, allons au à quoi vous arrêtez-vous?

bartholo.

En ma place, Basile, ne feriez-vous pas les derniers efforts pour la posséder?

BASILE

Ma foi, non, docteur. En toute espèce de biens posséder’ est peu de chose • c’est jouir qa. rend heureux : mon avis est qu’epouser une femme dont on n’est point aime, c’est s exposei...

BARTHOLO

Vous craindriez les accidents?

BASILE

Hé hé, monsieur... on en voit beaucoup cette année. Je ne ferais point violence a son cœur. bartholo.

Votre valet, Basile. Il vaut mieux qu elle pleure

de m’avoir, que moi je meure de ne l’avoir pa,

BASILE

Il y va de la vie? Épousez, docteur, épousez. bartholo.

Aussi ferai-je, et cette nuit même.

» dieu donc. — Souvenez-vous, en parlant a la pupille^ de les rendre tous plus noms que 1 enfer.

! bartholo.

I Vous avez raison..

I BASILE

j La calomnie, docteur, la calomnie! Il faut tou-

I iours en venir là.

1 J bartholo.

Voici la lettre de Rosine que cet ^onzo m a remise, et il m’a montré, sans le vouloir, 1 usaBe que j’en dois faire auprès d elle.

LE BARBIER DE SÉVILLE, ACTE IV, SCÈNE III

BASILE

Adieu : nous serons tous ici à quatre heures.

BARTHOLO

Pourquoi pas plus tôt?

BASILE

Impossible ; le notaire est retenu.

BARTHOLO

Pour un mariage?

Oui, chez le barbier Figaro; c’est sa nièce qu’il marie.

BARTHOLO

Sa nièce? Il n’en a pas.

BASILE

Voilà ce qu’ils ont dit au notaire.

BARTHOLO

Ce drôle est du complot : que diable!...

BASILE

Est-ce que vous penseriez...

BARTHOLO

Ma foi, ces gens-là sont si alertes! Tenez, mon ami, je ne suis pas tranquille. Retournez chez le notaire. Qu’il vienne ici sur-le-champ avec vous.

BASILE

Il pleut, il fait un temps du diable; mais rien ne m’arrête pour vous servir. Que faites-vous donc ?

BARTHOLO

Je vous reconduis ; n’ont-ils pas fait estropier tout mon monde par ce Figaro! Je suis seul ici.

BASILE

J’ai ma lanterne.

BARTHOLO

Tenez, Basile, voilà mon passe-partout; je vous attends, je veille; et vienne qui voudra, hors le notaire et vous, personne n’entrera de la nuit.

Avec ces précautions, vous êtes sûr de votre fait.

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