SCÈNE l
(Le théâtre est obscur.)
BARTHOLO, DON BASILE, « ne lanterne de papier à la main.
Comment, Basile, vous ne le connaissez pas. ce que vous dites est-il possible?
BASILE
Oui, j’ai arrangé comme cela plusieurs petit» proverbes avec des variations. Mais, allons au à quoi vous arrêtez-vous?
bartholo.
En ma place, Basile, ne feriez-vous pas les derniers efforts pour la posséder?
BASILE
Ma foi, non, docteur. En toute espèce de biens posséder’ est peu de chose • c’est jouir qa. rend heureux : mon avis est qu’epouser une femme dont on n’est point aime, c’est s exposei...
BARTHOLO
Vous craindriez les accidents?
BASILE
Hé hé, monsieur... on en voit beaucoup cette année. Je ne ferais point violence a son cœur. bartholo.
Votre valet, Basile. Il vaut mieux qu elle pleure
de m’avoir, que moi je meure de ne l’avoir pa,
BASILE
Il y va de la vie? Épousez, docteur, épousez. bartholo.
Aussi ferai-je, et cette nuit même.
» dieu donc. — Souvenez-vous, en parlant a la pupille^ de les rendre tous plus noms que 1 enfer.
! bartholo.
I Vous avez raison..
I BASILE
j La calomnie, docteur, la calomnie! Il faut tou-
I iours en venir là.
1 J bartholo.
Voici la lettre de Rosine que cet ^onzo m a remise, et il m’a montré, sans le vouloir, 1 usaBe que j’en dois faire auprès d elle.
LE BARBIER DE SÉVILLE, ACTE IV, SCÈNE III
BASILE
Adieu : nous serons tous ici à quatre heures.
BARTHOLO
Pourquoi pas plus tôt?
BASILE
Impossible ; le notaire est retenu.
BARTHOLO
Pour un mariage?
Oui, chez le barbier Figaro; c’est sa nièce qu’il marie.
BARTHOLO
Sa nièce? Il n’en a pas.
BASILE
Voilà ce qu’ils ont dit au notaire.
BARTHOLO
Ce drôle est du complot : que diable!...
BASILE
Est-ce que vous penseriez...
BARTHOLO
Ma foi, ces gens-là sont si alertes! Tenez, mon ami, je ne suis pas tranquille. Retournez chez le notaire. Qu’il vienne ici sur-le-champ avec vous.
BASILE
Il pleut, il fait un temps du diable; mais rien ne m’arrête pour vous servir. Que faites-vous donc ?
BARTHOLO
Je vous reconduis ; n’ont-ils pas fait estropier tout mon monde par ce Figaro! Je suis seul ici.
BASILE
J’ai ma lanterne.
BARTHOLO
Tenez, Basile, voilà mon passe-partout; je vous attends, je veille; et vienne qui voudra, hors le notaire et vous, personne n’entrera de la nuit.
Avec ces précautions, vous êtes sûr de votre fait.