‹ Œuvres compleÌ€tes de Beaumarchais.: Nouv. éd., augmentée de quatre pieÌ€ces de théatre et documents divers inédits, avec une introductionChapitre 261 sur 803 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

CHÉRUBIN, à genoux; la COMTESSE, assise.

CHÉRUBIN, les yeux baissés.

Celui qui m’est ôté m’aurait guéri en moins de rien.

LA COMTESSE

Par quelle vertu? ( Lui montrant le taffetas.) Ceci vaut mieux.

CHÉRUBIN, hésitant.

Quand un ruban... a serré la tête... ou touché la peau d’une personne...

LA COMTESSE, coupant la phrase.

... Étrangère, il devient bon pour les blessures? J’ignorais cette propriété. Pour l’éprouver, je garde celui-ci qui vous a serré le bras. A la première égratignure... de mes femmes, j’en ferai l’essai.

chérubin, pénétré.

Vous le gardez, et moi je pars!

LA COMTESSE

Non pour toujours.

chérubin.

Je suis si malheureux!

LA COMTESSE, émue.

Il pleure à présent ! C’est ce vilain Figaro avec son pronostic !

CHÉRUBIN, exalté.

Ah! je voudrais toucher au terme qu’il m’a prédit! Sûr de mourir à l’instant, peut-être ma bouche oserait...

LA comtesse V interrompt , et lui essuie les yeux avec son mouchoir.

Taisez-vous, taisez-vous, enfant. Il n’y a pas un brin de raison dans tout ce que vous dites. (On frappe à la porte , elle élève la voix.) Qui frappe ainsi chez moi?

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