Acte H, Sc.XX
' LE MARIAGE DE FIGARO, ACTE II, SCÈNE XXI
accroire à monseigneur, quand il entrerait, que le petit page était dans ce cabinet, où je me suis enfermée.
LE COMTE
Qu’as-tu à répondre ?
LA COMTESSE
Il n’y a plus rien à cacher, Figaro; le badinage est consommé.
FIGARO, cherchant à deviner.
Le badinage... est consommé?
LE COMTE
Oui, consommé. Que dis-tu là-dessus?
FIGARO
Moi ! je dis... que je voudrais bien qu’on en pût dire autant de mon mariage; et si vous l’ordonnez...
LE COMTE
Tu conviens donc enfin du billet?
FIGARO
Puisque madame le veut, que Suzanne le veut que vous le voulez vous-même, il faut bien que je le veuille aussi : mais à votre place, en vérité monseigneur, je ne croirais pas un mot de tout ce que nous vous disons.
LE COMTE
Toujours mentir contre l’évidence! A la fin, cela m irrite.
LA COMTESSE, en riant.
Eh ! ce pauvre garçon ! pourquoi voulez-vous, monsieur, qu’il dise une fois la vérité?
figaro, bas à Suzanne.
Je l’avertis de son danger; c’est tout ce qu’un honnete homme peut faire.
SUZANNE, bas.
As-tu vu le petit page?
FIGARO, bas.
Encore tout froissé.
SUZANNE, bas.
Ah ! pecaïre !
LA COMTESSE
, Allons, monsieur le comte, ils brûlent de s’unir • .eur impatience est naturelle; entrons pour la ceremonie.
LE COMTE, à part.
Et Marceline, Marceline... (Haut.) Je voudrais etre... au moins vêtu.
LA COMTESSE
Pour nos gens ! Est-ce que je le suis?