VASSAUX
MARCELINE, au comte.
Ne l’ordonnez pas, monseigneur! Avant de lui faire grâce, vous nous devez justice. Il a des engagements avec moi.
LE COMTE, à part.
Voilà ma vengeance arrivée.
FIGARO
Des engagements! de quelle nature? Expliquezvous.
MARCELINE
Oui, je m’expliquerai, malhonnête!
(La comtesse s’assied sur une bergère. Suzanne est derrière elle.)
De quoi s’agit-il, Marceline?
MARCELINE
D’une obligation de mariage.
FIGARO
Un billet, voilà tout, pour de l’argent prêté.
MARCELINE, au comte.
Sous condition de m’épouser. Vous êtes un grand seigneur, le premier juge de la province...
LE COMTE
Présentez-vous au tribunal, j’y rendrai justice à tout le monde.
BASILE, montrant Marceline.
En ce cas, votre grandeur permet que je fasse aussi valoir mes droits sur Marceline?
LE COMTE, à part .
Ah! voilà mon fripon du billet.
FIGARO
Autre fou de la même espece !
LE comte, en colère , à Basile.
Vos droits ! vos droits ! Il vous convient bien de parler devant moi, maître sot !
ANTONIO, frappant dans sa main .
Il ne l’a, ma foi, pas manqué du premier coup : c’est son nom.
Marceline, on suspendra tout jusqu’à l’examen de vos titres, qui se fera publiquement dans la grande salle d’audience. Honnête Basile, agent fidèle et sûr, allez au bourg chercher les gens du siège.
BASILE
Pour son affaire ?
LE COMTE
Et vous m’amènerez le paysan du billet.
BASILE
Est-ce que je le connais?
LE COMTE
Vous résistez !
BASILE
Je ne suis pas entré au château pour en faire les commissions.
LE COMTE
Quoi donc?
BASILE
Homme à talent sur l’orgue du village, je montre le clavecin à madame, à chanter à ses femmes, la mandoline aux pages; et mon emploi surtout est d’amuser votre compagnie avec ma guitare, quand il vous plaît me l’ordonner.
GRIPPE-SOLEIL s'avance.
J’irai bien, monsigneu, si cela vous plaira.
Quel est ton nom et ton emploi ?