‹ Œuvres compleÌ€tes de Beaumarchais.: Nouv. éd., augmentée de quatre pieÌ€ces de théatre et documents divers inédits, avec une introductionChapitre 293 sur 803 · UE !A!3A(SE DE FIKBAIR · texte numérisé non relu

UE !A!3A(SE DE FIKBAIR

BBI D’OISON.

La forme, la -a forme!

ActeW, Sc XLV.

Itnp Falcone*', Fan

LE MARIAGE DE FIGARO, ACTE III, SCÈNE XV

Figaro , tout court. Mes conclusions sont au payement du billet et à l’exécution de la promesse, avec dépens. (Il plaide.) Messieurs... jamais cause plus intéressante ne fut soumise au jugement de la cour; et, depuis Alexandre le Grand, qui promit mariage à la belle Thalestris...

LE COMTE, interrompant.

Avant d’aller plus loin, avocat, convient-on de la validité du titre?

brid’oison, à Figaro.

Qu’oppo... qu’oppo-osez-vous à cette lecture?

FIGARO

Qu’il y a, messieurs, malice, erreur ou distraction dans la manière dont on a lu la pièce ; car il n’est pas dit dans l’écrit : laquelle somme je lui rendrai, ET je V épouserai; mais: laquelle somme je lui rendrai , OU je l’épouserai ; ce qui est bien différent.

LE COMTE

Y a -t-il et, dans l’acte ; ou bien ou ?

Il y a et.

dra deux gros de rhubarbe où vous mêlerez un peu de tamarin : dans lesquels on mêlera. Ainsi château où je V épouserai, messieurs, c’est château dans lequel...

FIGARO

Point du tout : la phrase est dans le sens de celle-ci : ou la maladie vous tuera , ou ce sera le médecin : ou bien Je médecin ; c’est incontestable. Autre exemple : ou vous n’écrirez rien qui plaise, ou les sots vous dénigreront : ou bien les sots ; le sens est clair, car, audit cas, sots ou méchants sont le substantif qui gouverne. Maître Bartholo croit-il que j’aie oublié ma syntaxe? Ainsi, je la payerai dans ce château, virgule, ou je l’épouserai...

BARTHOLO, vite.

Sans virgule.

FIGARO, vile.

Elle y est. C’est, virgule, messieurs, ou bien je l’épouserai.

bartholo, regardant le papier, vite.

Sans virgule, messieurs.

FIGARO

Il y a ou.

brid’oison.

Dou-ouble-Main, lisez vous-même.

DOUBLE-MAIN, prenant le papier.

Et c’est le plus sûr, car souvent les parties déguisent enlisant. (JZZiY.)E. e.e.e.Damoisellee.e.e. de Verte- Allure e. e. e. Ha ! laquelle somme je lui rendrai à sa réquisition, dans ce château... ET... OTJ... ET... OU... Le mot est si mal écrit... il y a un pâté.

brid’oison.

Un pâ-âté? je sais ce que c’est.

BARTHOLO, plaidant.

Je soutiens, moi, que c’est la conjonction copulative ET qui lie les membres corrélatifs de la phrase : Je payerai la demoiselle, ET je l’épouserai.

FIGARO, plaidant.

Je (soutiens, moi, que c’est la conjonction alternative OU qui sépare lesdits membres : Je payerai la donzelle, OU je l’épouserai. A pédant, pédant et demi. Qu’il s’avise de parler latin, j’y suis Grec; je l’extermine.

LE COMTE

Comment juger pareille question?

BARTHOLO

Pour la trancher, messieurs, et ne plus chicaner sur un mot, nous passons qu’il y ait OU.

FIGARO

J’en demande acte.

BARTHOLO

Et nous y adhérons. Un si mauvais refuge ne sauvera pas le coupable : examinons le titre en ce sens. (Il ht.) Laquelle somme je lui rendrai dans ce château où je l’épouserai. C’est ainsi qu’on dirait, messieurs : Vous vous ferez saigner dans ce lit où vous resterez chaudement : c’est dans lequel. Ilpren- j

FIGARO, vite.

Elle y était, messieurs. D’ailleurs, l’homme qui épouse est-il tenu de rembourser ?

BARTHOLO, vite.

Oui ; nous nous marions séparés de biens.

FIGARO, vite.

Et nous de corps, dès que mariage n’est pas quittance.

(Les juges se lèvent et opinent touf bas.) BARTHOLO.

Plaisant acquittement !

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