Loménie, t. I, p
7 . Beaumarchais lui-même y fait allusion dans une lettre. [Id.} p. 433.)
VIE DE BEAUMARCHAIS
« L’accouplement de ces deux êtres si singuliers, disent les Mémoires secrets ' a paru plaisant et les rieurs l’ont adopté. » Beaumarchais ne paraît pas avoir ete jamais détrompé sur le compte de d’Éon- Ce fut touj°urs pour lui une foU,e qU® S°n indl1 fference avait (h eses peree Quand ils se fâchèrent, à propos du prix convenu, dont Beaumarchais fut a tort, on le s à présent2, accusé par d’Éon d’avoir gardé une partie, il crut toujours quil y avait dans cette brouille plus de dépit d’amour que de rancune de créancier. Il mourut avec cette idee, car sa mort devança de plusieurs années celle de d’Éon, qui permit de connaître enfin
la façon la plus claire la vérité sur son sexe. . , . ,
Le marché avec d’Éon àLondres, vers la fin de 1773, n’avait ete bientôt que la moindre affaire de Beaumarchais. Il en poursuivait de bien plus sérieuses que 1 état de crise ou se trouvait l’Angleterre, agitée par Wilkes au dedans, inqmetee au dehors par les prétentions armées8de ses colonies d’Amérique, pouvait rendre singulièrement actuelles et pressantes pour peu que la France voulût tirer parti des dangers de sa rivale, et prendre ainsi revanche de la paix honteuse de 1763, où elle avait perdu le Canada.
S’entendre avec les Américains, dont il a rencontre quelques-uns des plus influents, entre autres Arthur Lee, chez Wilkes ; les encourager dans leurs plans de revota, le y <ud sous main par des fournitures dont il se fera le fourmsseur, grâce a des secours d argent don il "pourle roi, le dépositaire, le banquier secret: tel est son rêve , et c’es ce que dejaü organise. Sans être avoué de rien, il disposera tout au gré du roi et du ministre.
C’est à ses seuls risques qu’il mènera ainsi, sans que la France ait déclaré la guerre,
ces hostilités clandestines contre les Anglais. ^ . i cppours
Le roi hésite d’abord, puis enfin, pressé par 1 opinion, qui voudrait voir quelque seco sortir de France pour l’Amérique; pressé surtout par Beaumarchais, qui lui dep mémoire sur mémoire, où il fait sentir l’urgence des événements, il se décidé, pour qui engage l’entreprise, à lui faire, par un ordre de son ministre M. de Vergennes sur le Trésor, l’avance d’un million. Beaumarchais le toucha et en donna reçu le 10 juin Nous verrons qu’il fut d’un poids bien embarrassant dans ses aitaires .
Jamais sujet ^obtint de son maître plus haute marque de confiance; aussi ce sujet âpre un tel honneur, -doit-il être sans tache : c’est ce que Beaumarchais ne > m nque Pa -
adroitement entrevoir à Louis XYI pour être relevé du « blâme » tq“A nhstaejfnour ce qu’il et qui, s’il devait continuer à le subir, lui serait le plus insurmontable obslac e po ce qu
veut entreprendre. Là encore Louis XYI se décide, sûr d ailleurs que ^
rétabli, après la chute, en novembre 1774, de celui du chancelier Maupeou, ne contredira
P Le 12 août, deux mois après que Beaumarchais a r«çu Ie müll0“’ ^ ^
patentes, tenu quitte du temps écoulé depuis la sentence du 26 fevner 1774 « attendu q
est dit le roi, parti du royaume par nos ordres, et pour notre service4. » 11 peut enfin et
presque à coup sûr, en appeler ainsi en cassation. Il ne perd pas une heure,
des lettres de requête civile, obtient, par M. de Maurepas, qu’on f
grand conseil, d’où est sorti le Parlement Maupeou, et qui ne voudra
fait, mais devant la grand’chambre, dont il n’a rien à crain re e moin -tant
après, le 6 septembre, sa cause se plaide. L avocat Target, qu i en a c aro®> ur
le seul qui n’ait jamais voulu plaider devant le Parlement Maupeou, et qu î pp P
Y. Dutens, Mémoires d’un voyageur qui se repose, t. II,
P' 3* Lomënie, I, P- «9 ; et II, p. 109, 110.