ACTE DEUXIÈME
Le théâtre représente la bibliothèque du comte.
LÉON, le COMTE, BÉGEARSS.
le COMTE veut sortir , il voit entrer Léon. Voici l’autre!
LÉON, timidement , veut embrasser le comte.
Mon père, agréez mon respect. Avez-vous bien passé la nuit ?
LE COMTE, sèchement , le repousse.
Où fûtes-vous, monsieur, hier au soir?
LÉON
Mon père, on me mena dans une assemblée estimable...
LE COMTE
Où vous fîtes une lecture?
LÉON
On m’invita d’y lire un essai que j’ai fait sur i abus des vœux monastiques, et le droit de s’en relever.
LE COMTE, amèrement.
Les vœux des chevaliers en sont.
BÉGEARSS
Qui fut, dit-on, très-applaudi.
LÉON
Monsieur, on a montré quelque indulgence pour mon âge.
LE COMTE
Donc, au lieu de vous préparer à partir pour vos caravanes, à bien mériter de votre ordre, vous vous faites des ennemis ! Vous allez composant, écrivant sur le ton du jour !... Bientôt on ne distinguera plus un gentilhomme d’un savant.
LÉON, timidement.
Mon père, on en distinguera mieux un ignorant d un homme instruit, et l’homme libre de l’esclave.
LE COMTE
Discours d’enthousiaste ! On voit où vous en voulez venir.
Mon père !...
LÉON
(Il veut sortir.)
LE COMTE, dédaigneux.
Laissez à l’artisan des villes ces locutions triviales. Les gens de notré état ont. un langage plus e eve. Qui est-ce qui dit mon père à la cour, monsieur . appelez-moi monsieur. Vous sentez l’homme du commun! Son père!... (il sort; Léon le suit en regardant Bégearss, qui lui fait un geste de compassion.) Allons, monsieur Bégearss, allons !