SCÈNE XI
LÉON, la COMTESSE, FLORESTINE, BÉGEARSS.
LÉON, avec chagrin.
Mon père s’en va quand j’arrive! Il m’a traité avec une rigueur...
la COMTESSE, sévèrement.
Mon fils, quels discours tenez-vous? Dois-je me voir toujours froissée par l’injustice de chacun; Votre père a besoin d’écrire à la personne qui échange ses terres.
FLORESTINE, gaiement.
Vous regrettez votre papa? Nous aussi nous le regrettons. Cependant, comme il sait que c est aujourd’hui votre fête, il m’a chargée, monsieur, de
vous présenter ce bouquet.
(Elle lui fait une grande révérence.)
Léon, pendant qu'elle l'ajuste à sa boutonnière.
Il n’en pouvait prier quelqu’un qui me rendît ses
bontés aussi chères...
(Il l embrasse.) FLORESTINE, se débattant.
Voyez, madame, si on peut jamais badiner avec lui sans qu’il abuse au même instant. . .
LA COMTESSE, souriant.
Mon enfant, le jour de sa fête, on peut lui passer quelque chose.
FLORESTINE, baissant les yeux.
Pour l’en punir, madame, faites-lui lire le discours qui fut, dit-on, tant applaudi hier à 1 assemblée.
LÉON
Si maman juge que j’ai tort, j’irai chercher ma pénitence.
FLORESTINE
Ah ! madame, ordonnez-le-lui.
LA MÈRE COUPABLE
LA COMTESSE
Apportez-nous, mon fils, votre discours : moi, je vais prendre quelque ouvrage, pour l’écouter avec plus d’attention.
FLORESTINE, gaiement.
Obstiné! c’est bien fait; et je l’entendrai malgré vous.
LÉON, tendrement.
Malgré moi, quand vous l’ordonnez? Ah! Florestine, j’en défie!
[La comtesse et Léon sortent chacun de leur côté.)