SCÈNE III
FLORESTINE, SUZANNE, les précédents.
FLORESTINE, accourant.
Mon Dieu! maman, qu’avez-vous donc?
LA COMTESSE
Rien que d’agréable à t’apprendre ; et ton parrain va t’en instruire.
LE COMTE
Hélas! ma Florestine, je frémis du péril où j’allais plonger ta jeunesse. Grâce au ciel, qui dévoile tout, tu n’épouseras point Bégearss! Non, tu ne seras point la femme du plus épouvantable ingrat!...
FLORESTINE
Ah ! ciel ! Léon !...
LÉON
Ma sœur, il nous a tous joués !
FLORESTINE, au comte.
Sa sœur!
LE COMTE
Il nous trompait. Il trompait les uns par les autres ; et tu étais le prix de ses horribles perfidies. Je vais le chasser de chez moi.
LA COMTESSE
L’instinct de ta frayeur te servait mieux que nos lumières. Aimable enfant, rends grâces au ciel, qui te sauve d’un tel danger.
LÉON
Ma sœur, il nous a tous joués !
FLORESTINE, au comte.
Monsieur, il m’appelle sa sœur !
LA COMTESSE, exaltée.
Oui, Floresta, tu es à nous. C’est là notre secret chéri. Voilà ton père, voilà ton frère; et moi, je suis ta mère pour la vie. Ah ! garde-toi de l’oublier jamais! ( Elle tend la main au comte.) Almaviva! pas vrai qu’elle est ma fille?
LE COMTE, exalté.
Et lui, mon fils ; voilà nos deux enfants.
(Tous se serrent dans les bras l'un de l'autre.)