SCÈNE II
LE GÉNIE DU FEU, la NATURE.
LE GÉNIE DU FEU
De l’orbe éclatant du Soleil,
Admirant des cieux la structure,
Je vous ai vu, belle Nature,
Disposer sur la terre un superbe appareil.
LA NATURE
Génie ardent de la sphère enflammée,
Par qui la mienne e^; animée,
A mes travaux donnez quelques moments.
De toutes les races passées,
Dans l’immensité dispersées,
Je rassemble les éléments,
Pour en former une race prochaine De la nombreuse espèce humaine,
Aux dépens des êtres vivants.
LE GÉNIE DU FEU
Ce pouvoir absolu qui pèse et les enchaîne, L’exercez-vous aussi sur les individus?
LA NATURE
Oui, si je descendais à quelques soins perdus.
Mais voyez comme la Nature Les verse par milliers, sans choix et sans mesure!
(Elle fait une espèce de conjuration.) Humains non encore existants,
Atomes perdus dans l’espace,
Que chacun de vos éléments Se rapproche et prenne sa place,
Suivant l’ordre, la pesanteur,
Et toutes les lois immuables Que l’Éternel dispensateur Impose aux êtres vos semblables.
Humains non encore existants,
A mes yeux paraissez vivants !
(Une foule d'Ombres des deux sexes s'élèvent de toutes parts, vêtues uniformément en blanc , au bruit d’une symphonie très-douce, et forment des danses lentes et froides, en marquant la plus vive émotion de ce qu'elles sentent, voient et entendent ; puis un chœur à demi-voix sort du milieu d'elles.)