SCÈNE V
CALPIGI, TARARE.
CALPIGI, déguisé, couvert d'une cape , l'ouvre.
Tarare! connais-moi.
TARARE
Calpigi !
CALPIGI, vivement.
Mon héros!
Je te dois mon bonheur, ma fortune et ma vie.
Que ne puis-je à mon tour te rendre le repos! Cette belle et tendre Astasie,
Que tu vas chercher au hasard Sur le vaste océan d’Asie,
Elle est dans le sérail d’Atar,
Sous le faux nom d’Irza...
TARARE
Qui l’a ravie?
CALPIGI.
C’est Altamort.
TARARE
O lâche perfidie !
CALPIGI.
Le golfe où nos plongeurs vont chercher le corail Baigne les jardins du sérail :
Si, dans la nuit, ton courage inflexible Ose de cette route affronter le danger,
De soie une échelle invisible,
Tendue à l’angle du verger...
TARARE
Ami généreux, secourable...
CALPIGI.
Le temple s’ouvre, adieu.
(Il s'enveloppe et s'enfuit.)