‹ Œuvres compleÌ€tes de Beaumarchais.: Nouv. éd., augmentée de quatre pieÌ€ces de théatre et documents divers inédits, avec une introductionChapitre 540 sur 803 · Voyez l’arrêté de compte à la fin de ce mémoire · texte numérisé non relu

Voyez l’arrêté de compte à la fin de ce mémoire

MÉMOIRES

que ma dette totale était de cent trente-neuf mille francs, et non d’une autre somme ou moindre ou plus forte.

Et si on lit ensuite dans le même arrêté de compte, à la fin de l’article xi i, ces paroles trèsexpressives de M. Duverney : « Au moyen desquelles clauses ci-dessus énoncées, etc., je reconnais moudit sieur de Beaumarchais quitte de tout envers moi, » on avouera que M. Duverney n’aurait pas dit qu’il me reconnaissait quitte de tout envers lui , si je fusse resté son débiteur d’une somme quelconque au delà des cent trente-neuf mille livres que je venais d’acquitter, et dont il avait déclaré à l’article m que toute sa créance sur moi se composait : et cette nouvelle preuve me paraît répandre une merveilleuse clarté sur les précédentes.

Et si, dans un autre article de cet arrêté, M. Duverney s’exprime ainsi : « Pour faire la balance « juste de notre compte, je me reconnais son débiu teur de la somme de vingt-trois mille livres, que « je lui payerai à sa volonté, sans qu’il soit besoin « d’autre titre que le présent engagement, » on conviendra sans peine que, si j’eusse dû à M. Duverney quelque chose au delà des cent trente-neuf mille francs que je venais d’acquitter, il ne déclarerait pas, après m’avoir reconnu quitte de tout envers lui, qu’il est mon débiteur, en fin de compte, d’une somme de vingt-trois mille livres. Et cette dernière preuve ajoutée à toutes les autres me paraît ne laisser aucun doute sur la netteté de ma dette totale, montant à cent trente-neuf mille livres, et non à une somme ou plus modique ou plus forte : ce qu’il fallait démontrer.

Et tout cela parut si exact et si juste à M. Duverney, qu’après avoir gardé trois jours les deux doubles du compte, il m’en renvoya un daté et signé de lui, n’en déplaise au comte Falcoz de la Blache, que tout cela met au désespoir. Et millions d’excuses demandées au lecteur, que je promène à travers un mémoire hérissé de chiffres, comme une lande est fourrée de bruyères; je sens que l’aridité de cette discussion doit prodigieusement le dégoûter de moi : malheureusement c’est un travail inévitable.

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