‹ Œuvres comples de P.-J. BangerChapitre 106 sur 172 · MA NOURRICE · texte numérisé non relu

MA NOURRICE

CHANSON HISTORTQIIK,

Aiu : Do do, Venfant do, etc.

De souvenir en souvenir, J'ai reconstruit mon édifice.

Je vais conter, pour en finir, Ce qu'on m'a dit de ma nourrice.

Au soir des ans doit sembler doux Ce chant qui nous a bercés tous :

Dodo, l'enfant do, L'enfant dormira tantôt.

Au mois d'août, voilà bien longtemps!

Six francs et ma layette en poche, Belle nourrice de vingt ans, D'Auxerre avec moi prit le coche.

Sois bien ou mal, sanglote ou ris, Adieu, pauvre enfant de Paris.

Dodo, l'enfant do, L'enfant dormira tantôt.

En Bourgogne je débarquai ; Pour la chanson climat propice.

Nous trouvons, buvant sur le quai, Le vieux mari de ma nourrice.

Verre en main, Jean le vigneron Chantait les gaîtés de Piron.

Dodo, l'enfant do, L'enfant dormira tantôt.

Sous son chaume, au bruit du pressoir Bientôt j'assiste à la vendange.

Plus ivre et plus vieux chaque soir, Jean va coucher seul dans la grange.

Sa femme, en s'en moquant tout bas, Me dit : Petiot, ne vieillis pas.

Dodo, l'enfant do, L'enfant dormira tantôt.

Un moine, en voisin, vint chez nous :

Il entre sans que le chien jappe ; Le mari sort, et l'homme roux De ma table fripe la nappe.

Hélas! l'odeur du Récollet Fait pour neuf mois tourner mon lait.

Dodo, l'enfant do.

L'enfant dormira tantôt.

DE BERANGEU. 24U

Au vieux moutier, liuit jours plus tard, Jean, bien payé, soignait la vigne.

Moi, gai comme un dieu sans nectar, Au vin du cru je me résigne.

Ma nourrice en m'en abreuvant, Soupire et dit : Chien de couvent î Dodo, l'enfant do.

L'enfant dormira tantôt.

Sur cette histoire, en bon devin, Mon parrain, dès qu'il l'eut apprise, Me prédit le dégoût du vin ; Le goût de tous les gens d'église.

Pour requiem je prédis, moi.

Qu'ils chanteront à mon convoi :

Dodo, l'enfant do, L'enfant dormira tantôt.

cHA^so^s

LES CONTREBANDTERS.

ADRESSKE A M. .10SEPH BERNARD, DÉPITÉ DU VAR,

AUTEI-R DU BO.V SKXS DIX HOMME DE ni EX 'i^.

Air : Cette c/taumirrc-là vaut xtn palais.

Malheur! malheur aux commis!

A nous, bonheur et richesse!

Le peuple à nous s'intéresse :

Il est de nos amis.

Oui, le peuple est partout de nos amis; Oui, le peuple est partout, partout de nos ami?

Il est minuit. Çà, qu'on me suive, Hommes, pacotille et mulets.

Marchons, attentifs au qui-vive.

Armons fusils et pistolets.

Les douaniers sont en nombre;

Mais le plomb n'est pas cher;

Et Ton sait que dans l'ombre

Nos balles verront clair.

Malheur! malheur aux commis!

A nous, bonheur et richesse!

J^T'iFiiES^J^UJ^i^D

DK BERANGEU. 251

Le peuple à nous s'intéresse :

Il est de nos amis.

Oui, le peuple est partout de nos amis; Oui, le peuple est partout, partout de nos amis.

Camarades, la noble vie!

Que de hauts faits à publier!

Combien notre belle est ravie Quand Tor pleut dans son tablier!

Château, maison, cabane,

Nous sont ouverts partout.

Si la loi nous condamne.

Le peuple nous absout.

Malheur! malheur aux commis!

A nous, bonheur et richesse!

Le peuple à nous s'intéresse :

Il est de nos amis.

Oui, le peuple est partout de nos amis; Oui, le peuple est partout, partout de nos amis.

Bravant neige, froid, pluie, orage, Au bruit des torrents nous dormons.

Ah! qu'on aspire de courage, Dans l'air i)ur du sommet des monts!

Cimes à nous connues,

Cent fois vous nous voyez

La tète dans les nues

Et la mort sous nos pieds.

Malheur! malheur aux commis!

A nous , bonheur et richesse !

Le peuple à nous s'intéresse :

Il est de nos amis.

Oui, le peuple est partout de nos amis; Oui, le peuple est partout, partout de nos amis.

Aux échanges l'homme s'exerce; Mais l'impôt barre les chemins.

Passons : c'est nous qui du commerce Tiendrons la balance en nos mains.

Partout la Providence

Veut, en nous protégeant.

Niveler Tabondance,

Éparpiller l'argent.

Malheur! malheur aux commis!

A nous, bonheur et richesse!

Le peuple à nous s'intéresse :

Il est de nos amis.

Oui , le peuple est partout de nos amis ; Oui, le peuple est partout, partout de nos amis.

Nos gouvernants, pris de vertige, Des biens du ciel triplant le taux , Font mourir le fruit sur sa tige.

Du travail brisent les marteaux.

Pour qu'au loin il abreuve

Le sol et l'habitant,

l)K HKKANGKR. 253

Le l)on Dieu crée un fleuve;

Malheur! malheur aux commis! A nous, bonheur et richesse!

Le peuple à nous s'intéresse :

Il est de nos amis.

Oui, le peuple est partout de nos amis; Oui, le peuple est partout, partout de nos amis.

Quoi! Ton veut qu'uni de langage, Aux mêmes lois longtemps soumis.

Tout peuple qu'un traité partage Forme deux peuples d'ennemis.

Non; grâce à notre peine,

Ils ne vont pas en vain

Filer la même laine.

Sourire au même vin.

Malheur! malheur aux commis!

A nous, bonheur et richesse!

Le peuple à nous s'intéresse :

Il est de nos amis.

Oui, le peuple est partout de nos amis; Oui, le peuple est partout, partout de nos amis.

A la frontière où Toiseau vole, Rien ne lui dit : Suis d'autres lois.

L'été vient tarir la rigole Oui sert de limite à deux rois.

Prix du sang qu'ils répandent, Là, leurs droits sont perçus.

Ces bornes qu'ils défendent/ Nous sautons par-dessus.

Malheur! malheur aux commis!

A nous, bonheur et richesse!

Le peuple à nous s'intéresse :

Il est de nos amis.

Oui, le peuple est partout de nos amis; Oui, le peuple est partout, partout de nos amit

On nous chante dans nos campagnes, Nous, dont le fusil redouté.

En frappant Péclio des montagnes Peut réveiller la liberté.

Quand tombe la patrie

Sous des voisins ailiers,

Mourante elle s'écrie :

Malheur! malheur aux commis!

A nous, bonheur et richesse!

Le peuple à nous s'intéresse :

Il est de nos amis.

Oui, le peuple est partout de nos amis; Oui, le peuple est partout, partout de nos amis.

1)K UKKANC. KU. 255

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