‹ Œuvres comples de P.-J. BangerChapitre 116 sur 172 · JANVIER · texte numérisé non relu

JANVIER

AïK : J'arrive à pied de province.

Oui, chanson, Muse ma fille.

J'ai déclaré net Qu'avec Charle et sa famille

On te détrônait ".

Mais chaque loi qu'on nous donne

Te rappelle ici.

Chanson, reprends ta couronne.

— Messieurs , grand merci !

Je croyais qu'on allait faire

Du grand et du neuf; Même étendre un peu hi sphère

De Quatre-vingt-neuf.

Mais point! on rebadigeonne

Un trône noirci.

Chanson, reprends la couronne.

— Messieurs, grand merci!

Depuis les jours de décembre ^'',

Vois, pour se i^randir, La Chambre vanter la Chambre;

La Chambre applaudir.

A se prouver qu'elle est bonne

Elle a réussi.

Chanson, reprends ta couronne.

Messieurs, grand merci!

Basse-cour des ministères

Qu'en France on honnit.

Nos chapons héréditaires

Sauveront leur nid ".

Les petits que Dieu leur donne

Y pondront aussi.

Chanson, reprends ta couronne.

JMessieurs , grand merci !

Gloire à la garde civique,

Piédestal des lois!

Qui maintient la paix publique

Peut venger nos droits.

Là-haut, quelqu'un, je soupçonne.

En a du souci.

Chanson, reprends ta couronne.

— Messieurs, grand merci!

La planète doctrinaire

Qui sur G and brillait.

Veut servir de luminaire

Aux gens de juillet.

CHANSOIVS

Fi d'un l'ioid soleil d'automne,

De Ijrunie ol)scurci !

(Chanson, reprends ta couronne.

— Messieurs , grand merci !

Nos ministres, qu'on peut mettre

Tous au même point.

Voudraient que le baromètre

Ne variât point.

Pour peu que là-])as il tonne,

On se signe ici.

(Chanson, reprends ta couronne.

— Messieurs, grand merci!

Que de grands peureux Ont soin de laisser en place

Les hommes véreux !

Si Ton ne touche à personne,

C'est afin que si

Chanson, reprends ta couronne.

— Messieurs , grand merci !

Te voilà donc restaurée,

Chanson mes amours.

Tricolore et sans livrée

-Montre-toi toujours.

Ne crains plus qu'on t'emprisonne,

Du moins à Poissy.

(Chanson, reprends ta couronne.

— Messieurs, içrand merci!

I)K HERANGKH. 287

Mais pourtant laisse en jachère

Mon sol fatigué.

3fes jeunes rivaux , ma chère ,

Ont un ciel si gai !

Chez eux la rose foisonne,

Chez moi, le souci.

Chanson, reprends ta couronne.

— Messieurs, grand merci!

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