‹ Œuvres comples de P.-J. BangerChapitre 119 sur 172 · DES BLESSÉS DE JUILLET · texte numérisé non relu

DES BLESSÉS DE JUILLET

m'adressèrent une CHANSON ET UNE BALLE DE CAFÉ.

Air. : Tendres échos, errants dans ces vallons.

Quoi! vos échos redisent nos chansons!

Bons IMauriciens, ils sont Français encore!

A travers flots , tempêtes et moussons ,

Leur voix me vient d'où vient pour nous l'aurore

De tant d'échos résonnant jusqu'à nous,

Les plus lointains nous semblent les plus doux.

Mes chants joyeux de jeunesse et d'amour

Ont donc aussi fait un si long voyage.

Loin de vos bords leur bruit vole à son toui-.

Et me revient quand je suis vieux et sage.

De tant d'échos résonnant jusqu'à nous,

Les plus lointains nous semblent les plus doux.

On m'a conté qu'au bord du Gange assis,

Des exilés, gais enfants de la Seine,

A mes chansons, là, berçaient leurs soucis.

Qu'ainsi ma muse endorme votre peine!

De tant d'échos résonnant jusqu'à nous,

Les plus lointains nous semblent les plus doux.

Si mes chansons vont encor voyager, Accueillez-les, ces folles hirondelles. Comme un bon fils reçoit le messager Qui, d'une mère, apporte des nouvelles.

De tant d'échos résonnant jusqu'à nous.

Les plus lointains nous semblent les plus doux.

Vous-même aussi célébrez vos amours.

Dieu permettra que nos voix se confondent; Mais en français, frères, chantez toujours. Pour que toujours nos échos se répondent. De tant dechos résonnant jusqu'à nous.

Les plus lointains nous semblent les plus doux.

I)l<: BKRANGKH. 293

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