‹ Œuvres comples de P.-J. BangerChapitre 160 sur 172 · LES FOUS · texte numérisé non relu

LES FOUS

■''* J'ai vu Saint-Simon le prophète,

Le comte Henri de Saint-Simon naquit au château de Berny, à quelques lieues de Péronne. Il fit partie des jeunes Français qui , à l'imitation de La Fayette , coururent en Amérique prendre part à la guerre de l'indépendance. Rentré en France, il prit du service, mais s'en dégoûta bientôt. La révolution le remplit d'enthousiasme. Ayant obtenu quelques bénéfices par des acquisitions de biens nationaux , il consacra sa nouvelle fortui* aux sciences , qu'il se mit à étudier avec toute l'ardeur d'un jeune homme. Il fit plus pour elles, car il prodigua à des capacités naissantes les secours nécessaires à leur développement. Sa bourse fut bien vite épuisée; il se vit obligé, sous l'empire , d'accepter pour vivre le plus mince emploi dans une administration publique. La réforme sociale ne l'en occupait pas moins, et il publia différents essais remplis d'idées originales , qui toutes attestent son amour de l'humanité. La publication de sa Parabole, admirable résumé d'un système nouveau d'ordre social, l'exposa, sous la restauration, à des poursuites judiciaires, qui ne serviient qu'à prouver la force

de sa conviction. 11 échappa à la condamnation, qu'il eut pu désirer.

En lutte continuelle avec la pauvreté, déçu dans les espérances que lui axaient données ceux dont le concours était nécessaire au triomphe de ses doctrines , le dégoût s'empara de son àme , et il tenta de se donner la mort. Le coup de pistolet qu'il se tira lui creva un œil, et ne fit qu'ajouter de nouvelles souffrances à celles dont il était déjà accablé. Ses pensées acquirent alors une tendance religieuse , et il publia son Nouveau Christianisme en 182-5.

Saint-Simon mourut l'année suivante entre les bras de INI. Rodrigues, dont les soins ont seuls préservé sa fin de toutes les horreurs de la misère.

Il nous manque une histoire consciencieusement faite de ce philosophe , dont le nom a eu après sa mort un retentissement qu'il n'avait sans doute pas prévu.

"" Foiirier nous dit : Sors de la fange,

M. Charles Fourier, auteur du Noiiveau monde industriel, de la Théorie des mouvements , et de la découverte du Procédé d'industrie sociétaire.

Le système de l'association n'a jamais été exploré avec plus de puissance que par ce pliilosophe théoricien, qui fait de Vattraction passionnée la base de son code social. M. Jules Le Chevalier, dans un cours public, a expliqué et propagé les idées de M. C. Fourier, et sans lui peut-être ne saurions-nous pas bien encore ce que l'inventeur avait entendu ^^div phalanstère , groupe, fonctions attrayantes , etc.

M. Baudet de Lary tente une application partielle de ce système dans le département de Seine-et-Oise.

372 >fOTES.

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