‹ Œuvres comples de P.-J. BangerChapitre 55 sur 172 · DUNE ÉDITION DE MKS CHANSONS · texte numérisé non relu

DUNE ÉDITION DE MKS CHANSONS

Alu : Je loge au fjuatrièmc c/arjc.

Petit portrait de fantaisie

Mis en tête de mon recueil ,

Penses-tu que par courtoisie

Le monde entier te fasse accueil? (bis.)

Tu peux te parer, si tu l'oses.

D'un laurier modeste et discret;

Tu peux te couronner de roses : ) , .

Non, non, tu nés pas mon portrait. )

DK BERANGKK. 129

Jamais je ne me suis fait peindre :

Mais qui donc représentes-tu?

Peut-être un cafard qui sait feindre Jusqu'au charme de la vertu ; Un petit saint pétri de ruse Qu'à Mont-Rouge on encenserait.

La bonne enseigne pour ma Muse !

Non, non, tu n'es pas mon portrait.

Ou serais-tu l'auteur tragique Qui calcula, rima, lima Maint r(Me bien académique Qu'en vain a réchauffé Talma?

Quoi! parer d'une noble image Mes petits vers de cabaret!

Pour l'alexandrin quel outrage !

Non, non, tu n'es pas mon portrait.

Dans ton masque à mine pincée Est-ce un vil censeur que je vois, Rat de cave de la pensée Qu'il confisque au profit des rois?

J'ai de la fraude en pacotille Qu'à la barrière on saisirait : Tu me tiendras lieu d'estampille.

Non, non, tu n'es pas mon portrait.

Mais ta laideur serait la mienne, Que ta gloire y gagnerait peu.

drains même qu'un prêtre ne vienne Saintement te livrer au feu. (bis.)

Dans l'avenir je devrais vivre, Que de toi l'on se passerait :

Je suis bien mieux peint dans ce livre. Non, non, tu n'es pas mon portrait.

Im.

LE GREMER.

AiH (fu Carnaval de Meissonnier.

Je viens revoir l'asile où ma jeunesse De la misère a subi les leçons.

J'avais vingt ans, une folle maîtresse, De francs amis et l'amour des chansons. Bravant le monde et les sots et les sages, Sans avenir, riche de mon printemps.

Leste et joyeux je montais six étages.

Dans un grenier qu'on est bien à vingt ans 1

C'est un grenier, point ne veux qu'on l'ignore.

Là fut mon lit bien chétif et bien dur;

Là fut ma table ; et je retrouve encore

Trois pieds d'un vers charbonnés sur le mur.

Apparaissez, plaisirs de mon bel âge.

Que d'un coup d'aile a fustigés le Temps.

Vingt fois pour vous j'ai mis ma montre en gage.

Dans un grenier (pi'on est bien à vingt ans!

Lisulle ici doit suiloul apparaîliv, Vivo, jolie, avec un liais cliapeau :

Déjà sa main à rétroile fenêtre Suspend son cliàle en guise de rideau.

Sa robe aussi va parer ma coucliette ; Respecte, Amoui-, ses plis longs et llottants. J'ai su depuis qui payait sa toilette.

Dans un grenier (ju'on est bien à vingt ans !

A table un jour, jour de grande richesse, De mes amis les voix brillaient en chœur, Quand jusqu'ici monte un cri d'allégresse : A Marengo Bonaparte est vainqueur!

Le canon gronde ; un autre chant commence ; Nous célébrons tant de faits éclatants.

Les rois jamais n'envahiront la France.

Dans un grenier qu'on est bien à vingt ans !

(Juitlons ce toit où ma raison s'enivre. Oh ! qu'ils sont loin ces jours si regrettés ! J'échangerais ce qu'il me reste à vivre Contre un des mois qu'ici Dieu m'a comptés. Pour rêver gloire, amour, plaisir, folie. Pour dépenser sa vie en peu d'instants, D'un long espoir pour la voir embellie, Dans un grenier qu'on est l)ien à vingt ans !

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