‹ Œuvres comples de P.-J. BangerChapitre 64 sur 172 · BONSOIR · texte numérisé non relu

BONSOIR

COUPLETS

A M. LAISNEV, IMPRIMEUR A PÉRONNE "'.

AiH de la Rcpiibllque.

Mon cher Laisney, trinquons, trinquons encore A nos beaux jours promptemenl écoulés.

Comme ils sont loin les feux de notre aurore! Que de plaisirs avec eux envolés î Mais de regrets faut-il qu'on se repaisse? Non ; la gaîté nourrit encor l'espoir.

Mon vieil ami, quand pour nous le jour baisse, Souhaitons-nous un gai bonsoir.

Cinquante années ont passé sur ta tête; J'ai de bien près cheminé sur tes pas. Mais ces hivers ont eu leurs jours de fête; Tout ne fut point aquilons et frimas.

Aurions-nous mieux employé la jeunesse.

Vécu moins vite avec un riche avoir?

Mon vieil ami, quand pour nous le jour baisse. Souhaitons-nous un gai bonsoir.

Dans l'art des vers c'est toi qui fus mon maître : Je t'efFaçai sans te rendre jaloux.

Si les seuls fruits que pour nous Dieu fit naître Sont des chansons, ces fruits sont assez doux.

1Ô2 CHANSOISS

Dans nos retrains que le passé renaisse; L'Illusion nous rendra son miroir.

Mon vieil ami, quand pour nous le jour baisse, Souhaitons-nous un gai bonsoir.

Reposons-nous; car les Amours, sans doute. Pour qui jadis nous avons tant marché.

Nous crîraient tous, s'ils nous trouvaient en route Allez dormir, le soleil est couché.

Mais l'Amitié, l'ombre fût-elle épaisse, Vient allumer nos lampes pour y voir.

Mon vieil ami, quand pour nous le jour baisse. Souhaitons-nous un i;ai bonsoir.

LE

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