‹ Œuvres comples de P.-J. BangerChapitre 90 sur 172 · CARDINAL ET LE CHANSONNIER · texte numérisé non relu

CARDINAL ET LE CHANSONNIER

Air : Je vais hientof quitter Ceinpire.

Quel beau mandement vous nous faites ^* !

Prélat, il me comble triionneur!

Vous lisez donc mes chansonnettes?

Ah! je vous y prends, Monseigneur, [hh.)

Entre deux vins, souvent ma muse

Perdit son bandeau virginal.

Petit péché, si son ivresse amuse, Qu'en dites- vous, monsieur le Cardinal?

Çà, que vous semble de Lisette

Qui dicta mes chants les plus doux?

Vous vous signez sous la barrette I

Lise a vieilli; rassurez-vous.

Des jésuites elle rallble -'■';

Et priant Dieu tant bien (|ue mal , Pour leurs enfants Lise tient une école. Qu'eu dites- vous, monsieur le (Cardinal?

A cliaque vers patriotique "*,

Je vous vois me faire un procès.

Tout prélat se cioit liérétique

Qui chez nous a le cœur français.

Sans y moissonner, moi, pauvre homme,

J'aime avant tout le sol natal.

J'y tiens autant que vous tenez à Rome.

Qu'en dites- vous , monsieur le Cardinal ?

Puisque vous fredonnez mes rimes, Vous grand lévite ultramontain.

N'y trouvez-vous pas des maximes Dignes du bon Samaritain '*'?

D'huile et de baume les mains pleines, 11 eût rougi d'aigrir le mal.

Ah! d'un captif il n'eût vu que les chaînes.

Qu'en dites- vous, monsieur le Cardinal?

Enfin, avouez ([u'en mon livre

Dieu brille à travers ma gaîté.

Je crois (ju'il nous regarde vivre;

Qu'il a béni ma pauvreté.

Sous les verrous, sa voix m'inspiie

Vn appel à son tribunal.

Des grands du monde elle m'enseigne à rire. Qu'en dites- vous, monsieur le Cardinal?

Au fond vous avez I àme bonne.

Pardonnez à l'homme de bien, Monseigneur, pour qu'il vous pardonne NOtrc mandciiiciil peu chrétien.

I)K IJKKANGKR.

Mais au Conclave on met la nappe '-, Partez pour Rome à ce signal.

Le Saint-Esprit fasse de vous un pape !

Qu'en dites-vous, monsieur le Cardinal?

COUPLET

AïK ■. ("e.sl le meilleur Itomme du iiiuiide.

J'ai suivi plus d'enterrements Que de noces et de baptêmes ; J'ai distrait bien des cœurs aimants Des maux qu'ils aggravaient eux-mèi Mon Dieu, vous m'avez bien doté :

Je n'ai ni force ni sagesse; Mais je possède une gaîté Qui n'oiïense point la tristesse.

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