‹ Œuvres comples de P.-J. BangerChapitre 94 sur 172 · LA MLLE DU PEUPLE · texte numérisé non relu

LA MLLE DU PEUPLE

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Fille du peuple, au chantre populaire,

De ton printemps tu prodigues les tleurs.

Dès ton berceau tu lui dois ce salaire;

Ses premiers chants calmaient tes premiers pleurs.

Va, ne crains pas que baronne ou marquise

Veuille à me plaire user ses beaux atours.

Ma muse et moi nous portons pour devise :

Je suis du peuple ainsi que mes amours.

Quand, jeune encor, j'errais sans renommée, D'anciens châteaux s'offraient-ils à mes yeux; Point n'invoquais, à la porte fermée, Pour m'introduire, un nain mystérieux.

Je me disais : Tendresse et poésie Ont fui ces murs, chers aux vieux troubadours. Fondons ailleurs mon droit de bourgeoisie; Je suis du peuple ainsi que mes amours.

Fi des salons où l'ennui qui se berce Baille entouré d'un luxe éblouissant !

Feu d'artifice éteint par une averse, Quand vient la joie, elle y meurt en naissant.

En souliers tins, chapeau frais, robe blanclie, Tu veux aux cliamps courir tous les huit jours Viens; tu me rends les plaisirs du dimanche. Je suis du peuple ainsi que mes amours.

Quelle beauté, simple dame ou princesse, A plus que toi de décence et d'attraits; Possède un cœur plus riche de jeunesse, Des yeux plus doux et de plus nobles traits? Le peuple enfin s'est fait une mémoire : J'ai pour ses droits lutté contre deux Cours; Il te devait au chantre de sa gloire.

Je suis du peuple ainsi que mes amours.

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