‹ Œuvres complètesChapitre 49 sur 89 · A M. LE DUC DE BIRON · texte numérisé non relu

A M. LE DUC DE BIRON

Qui survint pendant qu'il récitait ses vers

C'est à toi , grand Biron , que ma muse s'adresse , Pour s'unir aux transports de la vive allégresse Qu'éprouve en ce moment ce fortuné climat. Chacun , en te voyant , pense voir de l'Etat

162 Arnaud Daubasse

Le ferme défenseur, dont la brûlante foudre

A réduit tant de fois nos ennemis en -poudre.

Sans doute , après Turenne , aucun de nos guerriers

Ne recueillit autant et d'aussi beaux lauriers.

Qui peut sans s'attendrir voir tes larges blessures ,

Ton bras gauche emporté , les mille meurtrissures

Qui brillent sur ton corps comme un ciel étoile ?

En France , quel héros s'est-il mieux signalé ?

Ta race , de guerriers est une pépinière ,

Dès longtemps devenue un bien héréditaire ,

Dont chacun des enfants ayant sa portion

L'embellit et l'augmente avec profusion.

Tout l'univers a su que tes nobles ancêtres

Ont dans l'art des combats été les plus grands maîtres.

Dans les champs de l'honneur, qui t'a vu moissonner

Confesse qu'après toi l'on ne peut que glaner.

Il semble que tu tiens la victoire à tés gages ,

Tant on la voit souvent te rendre des hommages.

L'as-tu mise , au cadastre , au rang de tes vassaux ?

Dès qu'elle se plait tant à suivre tes drapeaux ,

Il faut que les Biron , dans quelque vieux registre ,

De leur droit, aux exploits aient trouvé quelque titre.

Qu'il en existe ou non , il doit peu t'importer : Quand les droits ont prescrit , peut-on les contester ? . Tout titre qui se perd dans quelque titre antique Est pour tout possesseur un titre magnifique. Les hauts faits que transmet la poussière des temps Sont les plus assurés de tous les monuments.

L'histoire des Héros que ronge la poussière Est la plus 'authentique et la moins mensongère. Quand, dans mille ans d'ici, l'on dira qu'à Landau, Biron courait au feu comme un canard à l'eau , Les fastes qui feront en détail cette histoire , S'ils viennent à périr, toi , Biron et la gloire N'en parviendrez pas moins à l'immortalité :

Elle est , de père en fils , une propriété

Au Château de Biron 163

Dont le pouvoir survit au caprice des âges ,

Et qui, malgré Tenvie, a toujours ses hommages.

Jusqu'à ce que la France ait besoin de ton bras, Daigne vivre avec nous dans ces heureux climats , Pour jouir du plaisir que cause ta présence.

Te voir, pour tout le peuple est une jouissance. Quel que soit le respect de tes bénis vassaux , Villeneuve à chacun donne d'heureux rivaux , Qui , comme bons voisins , doivent , sans jalousie , S!entr'aimer, se servir, comme toi la patrie.

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