‹ Œuvres complètesChapitre 58 sur 89 · A UNE BARONNE · texte numérisé non relu

A UNE BARONNE

Qui, dans un diner, lui demandait pourquoi il était morne

Lorsque le blond Phœbus me tient sur le Parnasse ,

Ou qu'une des neuf Sœurs m'instruit dans le vallon,

Quoiqu'ils s'oient tous des Dieux, je sais prendre mon ton,

Chanter et fredonner avec assez d'audace :

Mais tirez-moi de là, je perds mon unisson.

Lorsque je suis chez moi, mes yeux ne sont point mornes,

Un paisible travail appelle le plaisir ;

J'ai toujours ignoré ce que c'est que languir.

Parce que chaque jour je travaille à des cornes.

Qui réveillent sans cesse un heureux souvenir.

Des grâces, c'est ici le véritable temple.

J'y vois les vrais plaisirs par groupes arriver,

Plaisirs dont tous mes sens voudraient bien s'enivrer :

Mais les rares beautés que mon œil y contemple

Se bornent, par malheur, à me faire rêver.

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