Pour « la dame de trèfle
5. Le curé de Bertel, homme d'une grande suffisance, avait critiqué les vers de Daubasse et celui-ci méditait une vengeance, lorsqu'il le rencontra un jour chez un marchand de toile et lui adressa
"cette verte apostrophe.
G. Cette expression abès Vaze (vous avez l'as) signifie, dans ce cas : vous êtes un sot — un âne.
7. M. de Sèbes avait remplacé, à la tête d'un bataillon de milice, un commandant nommé St-Sernin qui avait été destitué. Le bataillon se réunissait de temps en temps à Villeneuve et manœuvrait avec
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des bâtons, faute de fusils. C'est en le voyant manœuvrer que Daubasse fit ces vers.
8, 9. Le mot sehos sur lequel Daubasse a joué, dans cette circonstance, signifie |)?an^ d'oignon, oignon vert, avec lequel on fait, dans le sud-ouest de la France, un potage vulgairement appelé tourrin ou soupe à l'oignon.
10. Une anecdote arrivée à Villeneuve , et qui avait fort amusé la population, donna lieu à cette pièce de vers. Voici, à ce sujet, ce que nous trouvons dans la première édition :
«Une. demoiselle nommé Gassaigne, très jolie, vivait en son particulier avec une servante entièrement séparée du commerce du monde. Elle avait donné dans un excès de dévotion qui la faisait distinguer de toutes les dévotes de son temps.^ Elle n'avait jamais voulu entendre parler de mariage.
» Un bourgeois de la ville, qui n'était pas aussi dévot qu'elle, en était éperdûment, mais inutilement amoureux. Voici l'expédient que Farinel, qui est le nom de l'amant, prit pour pouvoir parler à la demoiselle , et lui parler à son aise :
» Il savait que la dévote allait passer tous les jours quelques heures dans l'Eglise des Cordeliers, et qu'elle s'endormait assez souvent à force de prier. Farinel s'imagina de s'aller mettre dans un confessiohal à portée de l'endroit où la dévote allait se placer ordinairement. S'étant endormie , l'adroit amant fit glisser dans son livre de prières un billet qu'il avait écrit en lettres rouges, dans lequel il lui disait que l'ange Gabriel devait venir la visiter de la part de Dieu, et lui communiquer bien des secrets. Il la prévenait qu'il souperait avec elle , et l'avertissait en même temps de ne préparer autre chose qu'un plat de racines, qui étaient le seul mets dont les anges se nourrissaient lorsqu'ils étaient en mission sur la terre.
» La dévote, qui était d'une simplicité et d'une crédulité étonnantes, s'éveille, et son premier soin est de reprendre son livre pour continuer ses prières. La première chose qu'elle voit, c'est le billet, qu'elle lut avec avidité. Son plus grand empressement fut de se rendre chez elle pour disposer toutes choses. Il fallait naturellement confier ce grand secret à la servante. Un frère de la dévote qui restait au voisinage s'apercevant d'un espèce de train qui n'était pas ordinaire chez sa sœur, veilla le moment de pouvoir accoster la
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servante, qui, après bien des sollicitations, révéla le mystère. Il trouva le moyen de s'introduire dans la maison de sa sœur et de s*y cacher avec un fier- à-bras qu'il s'était associé. . j» Dès qu'ils furent assurés que l'ange Gabriel était en train de jouer son rôle de séducteur, nos deux grivois sortent de leur embuscade et entrent dans la chambre. L'un, se disant SainJ-Frappar, est armé d'un bâton, et l'autre, portant un gros paquet de clefs, se dit être Saint-Pierre.
« Ange Gabriel, dit l'un d'eux, nous sommes envoyés par l'Eternel » notre maître , qui est fort irrité contre vous de ce que vous avez » quitté le Ciel sans sa permission. Nous avons ordre de vous emme- » ner mort ou vif dans le Paradis. »
» En même temps , les deux gendarmes du bon Dieu fondent sur lui, le rouent de coups, en lui criant : Ange Gabriel, en Paradis ! {'Ange Gabriel, en Paradis ! ).»
Nous avons cru devoir reproduire intégralement cette note de la première édition, à cause de son originalité et de l'intérêt qu'elle présente.
11. Nous aVbns groupé sous ce titre diverses petites pièces qui se trouvent éparses dans les éditions précédentes.
Voici, d'après les notes de la deuxième édition, à quelle occasion Daubasse improvisa la première de ces boutades :
K Daubasse tenait dans la rue Bourgogne, un cabaret qui, grâce à l'amabilité- du maître , était devenu le rendez-vous de l'élite de la bourgeoisie Villeneuvoise. Un dimanche (les habitués l'avaient convenu) ce cabaret fut désert toute la journée. Le soir seulement, ils y. envoyèrent un mendiant avec ordre de ne demander qu'une roquille et d'exiger qu'on perçât tout exprès une barrique. L'indignation que causa au poète une pareille exigence, lui inspira cette boutade. »
d2. Laroustido, La Rôtie, était un sobriquet de Daubasse.
13. Rehequet, nom d'un aubergiste de Villeneuve qui avait amassé une certaine fortune.
14. EscahellOy siège sur lequel était assise M^o de Lafore, une brune piquante qui s'était moquée de Daubasse en le voyant passer devant sa maison.
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15. Brouquet, branche de pin ou d'autre arbre vert que Ton met, à la campagne, au-dessus des portes d'auberge.
46. Luquet, morceau de bois sec et mince, enduit de soufre aux deux extrémités, dont on se servait pour allumer le feu avant Tinvention des allumettes. Encore en usage dans nos campagnes.
17. Daubasse revenait facilement de ses ressentiments contre ceux qui l'avaient offensé. C'est ainsi qu'après avoir publié une violente satire contre M. de Saint-Loup, un gentilhomme brutal qui avait décrié ses vers, il composa ceux-ci en manière de réparation.
La réconciliation de Daubasse et du gentilhomme eut lieu , à l'instigation de la noblesse du pays, dans un dîner donné à cette occasion par le comte de Fumel-Montaigu , en son château de Fumel.
48. Le maréchal de Montrebel était en séjour à Villeneuve. Dans la maison où il habitait se trouvait une jeune et jolie servante qui n'était pas insensible à ses attentions. Un jour que Daubasse passait sous les fenêtres de la maison , la jeune fille , qui l'avait vu venir, lui versa sur la tête le contenu d'un vase de nuit. Daubasse , ayant aperçu le mouvement de la servante , se contenta de .lui adresser ce quatrain.
49. Le personnage dont il est ici question prêchait le carême à Villeneuve et avait été invité à un dîner où se trouvait aussi Daubasse. Le jésuite mangeait peu, et le poète joignit ses instances à celles du maître de la maison pour l'inviter à faire honneur au repas.
20. C'est à Langon, pendant un voyage à Bordeaux, que Daubasse fit ces vers, en manière d'observation à' un voyageur qui avait accepté un petit bouquet d'une servante de l'auberge sans lui faire ses étrennes. On voit, par ce fait, que l'usage du pourboire existait alors dans la contrée.
24. Invité à un souper où se trouvait un nommé Barès, dont la A^oracité était, proverbiale. Daubasse entendit celui-ci murmurer contre le peu d'abondance de la table. îl improvisa ces vers et les débita séance tenante , à la grande confusion de l'insatiable convive.
22. Daubasse se trouvait en assez mauvaise compagnie, lorsque voyant venir à lui l'ami qu'il attendait, il lui adressa ce quatrain pour s'excuser. L'expression houtji, deboutji, est un jeu de mots
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en usage chez les paysans ; elle signifie je bouge, je vais, et aussi je bouche, je débouche,
23. Igounaû, huguenot. C'est ainsi que Ton désignait les protestants à cette époque. Daubasse, comme on le voit par ces vers, n'avait pas une grande indulgence pour les non catholiques.
24. Un curé du nom de Cap-d*Ase (tête d'âne) avait changé son nom contre celui de d'Assier.
Daubasse ayant appris que ce curé , qui habitait Pujols , — une petite localité située dans les environs de Villeneuve, — avait médit de ses vers, lui envoya cette réponse qui renferme un jeu de mots des plus piquants.
25. Mazelhè, boucher. Il paraît qu'à l'époque où vivait Daubasse, les bouchers faisaient facilement faux poids en vendant leur marchandise.
26. Armo est la même chose que Amo, âme. Cette expression est usitée dans le pays. On dit encore couramment : Per moun armo ! (Par mon âme ! ) sorte de juron.
27. Delfino, Delphine, était le nom d'une femme qui allait volontiers dans l'établissement du cabaretier Rebequet, l'un des plus fréquentés de Villeneuve à cette époque.
Daubasse l'ayant rencontrée un jour, lui adressa cette spirituelle boutade.