‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiques (volume 2)Chapitre 126 sur 138 · Tome XI. Hist. anc · texte numérisé non relu

Tome XI. Hist. anc

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pliilosophe; mais il n'égala jamais ce concurrent. Ses ouvrages étaient peu travaillés, et, par une suite nécessaire, peu corrects , pleins de répétitions ennuyeuses, et souvent même de contradictions. Cétait le défaut ordinaire des stoïciens, de mêler beaucoup de subtilité et de sécheresse dans leurs disputes , soit de vive voix, soit par écrit. Ils évitaient, ce semble, avec autant de soin tout agrément dans le style comme tout relâchement dans les mœurs. Cicéron ne les blâmait pas beaucoup de manquer d'un talent entièrement étranger à leur profession', et qui n'y était pas absolument nécessaire. Si un philosophe "^ ^ dit -il, a de Vèloquence^je lui en sais bon grè : s'il nen a point, je ne lui en fais pas un crime. Il se contentait qu'ils fussent clairs et intelligibles ' ; et c'est par oii il estimait Epicure.

Quintilien cite souvent avec éloge un ouvrage que Chrysippe avait fait sur l'éducation des enfants.

Il s'associa pendant quelque temps aux académiciens , soutenant à- leur manière sur un même sujet le pour et le contre. Les stoïciens se plaignirent de ce que Chrysippe avait ramassé tant et de si forts arguments pour le système des académiciens, qu'il ne put ensuite les réfuter; ce qui avait fourni des armes à Carnéade, leur antagoniste.

» «Videmus ilsdem de rébus jejuuè qiiosdam et exilitev, ut eum , quem aculissimum f'eruat , Cbiysippuin dispntavisse ; neque ob eam leni pbilosophiie non satisfecisse , quùd non babuerunt banc dicendi ex aite alienamfacnltatpiH. • (DeOmtA. i, n. 49- )

' " A pbilosopbo , si afferat eloquentiam , non asperner : si non habeat, non admodùra flagitem.» {De Finib. lib. i , n. i5.)

3 «Oratiome istiuspbilosopbi non ol'fendit. Nam etcoinplectitur verbis qnod vult , et dicit plané quod int'jlligam. " ( Ibîd. )

SCirNCES ET ARTS. /jin

Sa doctrine, sur plusieurs points, ne faisait pas d'honneur à sa secte , et n'était capable que de la décrier. Il croyait les dieux périssables, et soutenait qu'ils pun. contra périraient en effet dans l'incendie du monde. Il per- pa^.'Tu-' mettait les incestes les plus criants et les plus abomi- t'"'*" nables , et admettait la communauté des femmes parmi les sages. Il avait composé plusieurs écrits remplis d'obscénités qui faisaient horreur. Voilà ce qu'était le philosophe qui passait pour le plus ferme appui du Portique', c'est-à-dire de la secte la plus sévère du paganisme.

Il doit paraître étonnant , après cela , que Sénèque fasse de ce philosophe^, en le joignant à Zenon, un éloge si magnifique, jusqu'à dire de l'un et de l'autre qu'ils ont fait de plus grandes choses par les travaux de leur cabinet que s'ils avaient commandé des armées rempli les premières places d'un état, établi de sages lois ; et qu'il les considère comme des législateurs, non d'une seule ville, mais du genre humain entier.

Chrysippe mourut dans la i43*^ olympiade. On lui ax M.3793. dressa un tombeau parmi ceux des plus illustres Athéniens. Sa statue se voyait dans le Céramique.

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