‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiques (volume 2)Chapitre 88 sur 138 · LYCURGUE · texte numérisé non relu

LYCURGUE

Lycurgue fut fort estnne a Athènes pour son éloquence, et, encore plus pour sa probité. Il fut chargé de plusieurs commissions importantes, et s'en acquitta toujours avec succès. On lui confia le soin de la police dans Athènes, et il fit une rude guerre aux malfaiteurs ,

' l5«o torrciitior. (JuvE^■.)

qu il obligea de sortir de la \ille. H passait pour un juge sévère et inexorable. C'est à quoi Cicéron fait al- AdAttio. lusion en écrivant à son ami Atticus : nosmetipsi , qui Lfcurgeiaprincipiofuissemus^quotidiedemitigamur. Lycurgue fut nommé questeur, c'est-à-dire receveurgénéral des revenus de la république, à trois différentes reprises, et exerça cette charge pendant quinze ans. Pendant ce temps-là , il lui passa par les mains quatorze mille talents ^ (quarante- deux millions ), dont il rendit un fidèle compte. Avant lui, le revenu de la ville n'était que de soixante talents ^ ( soixante mille écus ) : il le fit monter jusqu'à douze cents talents ^ (douze cent mille écus). C'est ce questeur qui, voyant qu'un fermier faisait mener en prison le philosophe Xénocrate parce qu'il avait manqué à payer dans le temps un certain tribut comme étranger , le tira d'entre les mains des archers , et y fit conduire à sa place le fermier , pour avoir eu l'insolence et la dureté de traiter ainsi un homme de lettres. Cette action fut applaudie généralement. Lycurgue était du nombre des orateurs qu'Alexandre demanda qui lui fussent livrés ; à quoi les Athéniens ne purent consentir.

ESCHINE. DÉMOSTHÈ?ïE.

Traité des J'ai cxposé ailleurs fort au long l'histoire de ces deux ^HifrinJ' célèbres orateurs, qui fi.irent toujours émules et rivaux.

Hist. Ane tome IV

'77 raillions de fr. — L. = La correction est certaine ;

' Ce revenu serait bien médiocre et Reiske Ta aussi proposée; sen-

pour une ville comme Athènes, et lement comme la phrase porte «po-

l'ausmentation bien considérable. têsov é^vîitcvTa TCpcoto'vTWV , c'est

Je ne sais si on ne pourrait pas lire, l^axooîwv , non sçxx-o'tna qu'il fant

l^axo'ffia, six cents , au lieu de é^ïi- lire. — L. AZ^TX ^ soixante. ^ fi, 900,000 francs. — L.

et dont les disputes ne cessèrent que par l'exil d'Eschine. J'ai traité aussi ce qui regarde leur style et leur éloquence. Je n'ai rien à ajouter à ce que j'ai dit sur ces deux articles. Je me contente de remettre ici sous les yeux du lecteur les deux portraits qu'en trace Quintilien.

« Sequitur oratorum ingens manus, quum decem Lib. io,e. i. simul Athenis setas una tuleritj quorum longé princeps Demosthenes ac penè lex orandi fuit: tanta vis in eo , tam densa omnia, ita quibusdam nervis ' intenta sunt , tam nihil otiosum, is dicendi modus, ut nec qnid desit in eo, nec quid redundet invenias. Plenior yEschines, et magis fusus , et grandiori similis , quô minus strictus est; carnis tamen plus habel, lacertorum minus."

« Suit maintenant une foule d'orateurs , car il y en « a eu à Athènes jusqu'à dix à la fois , à la tête desquels « marche Démosthène , qui les a tous passés de bien « loin , et qui a mérité d'être proposé presque comme « la règle de l'éloquence. Son style a tant de force , il a est si serré, si tendu, tout s'y trouve dans une telle «justesse et dans une précision si exacte, qu'on ne « trouve rien à y ajouter ni à en retrancher. Eschine « est plus abondant , plus diffus. Il paraît plus grand « parce qu'il est moins ramassé. Il a plus d'embonpoint, « et moins de nerfs. »

» La métaphore n'est point ici trèmenient tendues, poussent les

tirée des nerfs du corps , comme traits avec une force et une impé-

Tont supposé les traducteurs , mais tuosité extraordinaires. — L. des cordes d'un arc , qui , étant ex-

266 IIISTOIRl- ANCIENNE.

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