‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiques (volume 3)Chapitre 43 sur 141 · L. FURIUS MEDULLINUS · texte numérisé non relu

L. FURIUS MEDULLINUS

M. MANLirS.

A. SEMPROIVILS ATRATINLS, II.

On procéda ensuite à l'élection des questeurs. Sempronius présida à l'assemblée qui se tint pour ce sujet. Parmi plusieurs plébéiens qui se présentèrent pour demander cette charge, étaient le fils d'Antistius et un frère de Pompilius, tous deux tribuns du peuple. Leur crédit était grand, la brigue fut violente, et ils n'omirent rien pour avoir Ihonneur d'être les premiers qui eussent fait entrer la questure dans Tordre des plébéiens , en la mettant dans leurs familles. Ils n'obtinrent pourtant rien, et le peuple ne put s'empêcher de leur préférer des nobles, dont il avait vu les pères et les aïeux remplir avec éclat la dignité de consul.

Pour -lors les tribuns entrèrent en fureur, surtout ceux qui se trouvaient personnellement blessés par ce refus injurieux. Ils ne comprenaient point comment le peuple, sans être touché, «ni des services qu'ils lui « avaient rendus, ni des mauvais traitements qu'il avait « reçus des sénateurs, ni des prières instantes de deux a de ses tribuns pour un fils et pour un frère, ni du « plaisir de se mettre en possession d'une nouvelle u dignité qui lui était offerte, avait pu refuser opinià- « trément de gratifier quelque plébéien, non-seulement u du tribunat militaire, mais encore de la questure ». Ils s'écriaient qu'il y avait eu infailliblement de la su- c. Sempropercherie dans le rapport qu'on avait fait des suffrages, dan.mTune et qu'il fallait examiner sur ce porni la conduite de JvTiîw Sempronius, qui les avait comptés. Mais comme c'était "• '•'••

un homme d'une probité avérée , que son innocence et la dignité dont il était actuellement revêtu mettaient hors d'état d'atteinte, ils tournèrent toute leur indignation contre C. Sempronius, son parent. Us firent revivre l'affaire de la dernière bataille, et l'appelèrent en jugement devant le peuple. Quelques efforts qu'eussent faits les sénateurs pour le sauver, ils ne purent empêcher qu'ils ne fût condamné à une amende.

Description sommaire des fonctions de la questure.

Questeur est proprement ce que nous appellerions trésorier. L'étymologie de ce nom est un mot latin qui signifie chercher^ , parce que la recherche des revenus publics, et quelquefois celle des crimes, étaient confiées aux soins des questeurs.

On n'en créa d'abord que deux, dont les fonctions

étaient renfermées dans la ville. On ne convient pas

du temps de leur établissement. La plus commune

opinion le place sous le règne de Tullus Hostilius, ou

sous le consulat de Valérius Publicola , la première

année après l'expulsion des Tarquins. Il y avait deux

questeurs : on les renouvelait chaque année. Ils étaient

tirés du corps des patriciens.

Litr. lih. c«, Ce furent les questeurs qui appelèrent en jugement

"■*'■ devant le peuple Sp. Cassius (c'est où Tite-Live parle

id. lii). 3, des questeurs pour la première fois), et qui accusèrent

"•"^•''"■'^- aussi M. Volscius.

Aux deux questeurs pour la ville, qui jusque-là avaient été choisis par les rois, selon le sentiment de

' « Quîestorcs a qi'iarendo dlcti cunias et maleficia. » (Varro, de sunt, qui conquirerent puhlicas pe- l-'n^- /«'' l'''- 4-)

HISTOIIIK ROMAINE. UO f

ceux qui en attribuent l'institution à Tullus Hostilius, et ensuite par les consuls, on en ajouta deux pour le i.iv. lib. /, , dehors et pour le ministère de la guerre, l'an de Rome 334. Le peuple obtint alors que les questeurs pourraient être tirés du corps des plébéiens, comme de celui des patriciens.

Les questeurs de la ville étaient chargés du soin et de la garde du trésor public, appelé œrariumy qui était dans le temple de Saturne. Us y déposaient les sommes que les fermiers du peuple romain remettaient entre leurs mains , celles qui provenaient de la vente des dépouilles prises sur les ennemis, et en général tous les revenus publics. Us tenaient un registre exact des recettes et des dépenses , et ne délivraient aucune somme que sur l'ordre du sénat et des consuls. Quand on était près d'entrer en campagne, ils tiraient les drapeaux du trésor public, où on les gardait, et les faisaient porter au consul. C'étaient eux aussi que la république chargeait du soin de loger les ambassadeurs, de leur fournir tout ce qui leur était nécessaire, et de leur donner à leur départ les présents ordonnés p!ir le sénat. •

Les questeurs du dehors furent créés, comme nous l'avons dit, pour le service de la guerre^. Us étaient chargés de la caisse militaire, et accompagnaient les consuls et les généraux à l'armée , pour tenir compte des dépouilles des ennemis, pour vendre le butin, et surtout pour prendre soin des vivres et de la subsistance de l'armée.

Le nombre des questeurs, par cette augmentation,

' « Ut praetei- iluos urbanos quic- belli praestù essent. >> (Liv. lib. 4 , stores , duo consulibus ad miaisteria n. 43. )

fut de quatre. Il s'accrut ensuite à proportion des con- ({uêtes du peuple romain. On en envoyait un dans chaque province avec le préteur , si ce n'est que la Sicile en avait deux, parce qu'elle était divisée en deux parties: l'un résidait à Lilybée , l'autre à Syracuse. Outre la caisse militaire dont ils étaient chargés, c'était entre leurs mains que les fermiers du peuple romain remettaient tous les revenus qu'il tirait des provinces, et ils les faisaient porter à Rome pour être déposés dans le trésor public. Quelquefois, en l'absence du préteur, le soin d'administrer la justice, et même décommander l'armée , leur était confié.

On tirait au sort les différents départements entre les questeurs, soit pour la ville , soit pour l'Italie, soit pour les provinces.

La questure n'était point une des grandes charges de l'état % mais le premier degré pour y {)arvenir. On n'y entrait ordinairement qu'après dix années de service, c'est-à-dire à peu près à l'âge de vingt-sept ans.

Je ne crois pas pouvoir mieux terminer cette petite dt^ression sur la questure que par un bel endroit de Cicéron, où il marque les dispositions avec lesquelles il entra dans cette charge ^. Après avoir pris les dieux à

' <■ QuBPstura priinus gradus hono- nonsoliun datiim , sedetiain commisris. » (Cic. 3 Verr.-D.. ii.) siim putarem. Sic obtinui quœsturain

' « () dil immortales !... ita inilii in provincia Sicilia , ut omnium ocu-

meam voluutatem spemtine relifjua' los in meunum conjectos arhitrarer :

vitae vestra j)opulique romani exi- ut me quicsluramque meam quasi in

stimatio comprobet, ut ego quus aliquo orbls terrœ théâtre versari

adhuc mihi magistratus populus ro- existimarem; ut omuia semper, qua,"

manus niandavit , sic ces accepi, ut juciinda > identur esse, non modo

me omnium officioruni obstringi re- liis cxtraordinariis cupiditatibns,sed

ligione arbitrarer. Ita quiestor sum etiani ipsi naturaj ac nécessitât! dc-

l'actii.s, ut mihi honorem illum luni negarem. » (Ci<:. 7 yen., n. 35.)

témoin de la .sincérité des sentiments qu'il va exposer : « Dans tons les emplois, dit-il, dont le peuple romain « m'a honoré jusqu'ici , j'ai cru être engagé par les liens « les plus sacrés de la religion à en remplir dignement « tous les devoirs. Lorsqu'on m'a fait questeur , j'ai rea gardé cette dignité, non comme un présent dont on (c me gratifiait, mais comme un dépôt que l'on confiait « à ma vigilance et à ma fidélité. Quand on m'a ence suite envoyé gérer la questure dans la Sicile, je me suis « imaginé que, tous les yeux étant tournés sur moi, « ma personne et ma questure allaient être exposées sur « un grand théâtre, à la vue de tous les peuples, à qui «j'allais être donné en spectacle; et, dans cette pensée, <. je itie suis interdit non - seulement les plaisirs crimi- « nels qu'entraînent les grandes passions, mais ceux « mêmes qui sont les plus légitimes , et qui paraissent « les plus nécessaires. » Il serait bien à souhaiter que tous les magistrats entrassent dans les charges avec de pareilles dispositions.

La même année oii le nombre des questeurs fut aug- Vesuie

, . '' accusée , et

mente, Postumia % une des vestales, fut accusée d'à- déclarée

, y 1 1 ' TT innoceote.

voir manque a son vœu de chasteté. Un trop grand soin de sa parure, et des manières trop libres pour une personne consacrée par état à la virginité, l'avaient fait soupçonner de ce crime, non sans fondement apparent.

' "Posluiuia, virgo vestalis, de abhorrens fainam. Ampliatam **.

incestacausam dLx.it, crimine inno- deindè ab-solutam pro collegii .sen-

xia ; ob suspicionem * proptcr cul- tentia , pontifex niaximu.s ab.stinere

fum amœniorem, ingeniuuique libe- jocis, colique sanctè potiùs quàm

riu.s quàm vLiginem decet , parùm scitè jussit. » (I>iv.)

Oi sitspieionem , etc. Cette latinité a été ' * Ampliatam. Par Vamy/iation , on ordon-

^usppcte a Cronoviu» ; il lit : «A su.<picione.. , naît que l'instruction <Ui proiè.'i l'iit recoinpamm abhuinns. Eam , etc. ineiitée tout de nouve.iu ; que la e.iu.se fut

plaidee une .seconde ou une troisièuie fois.

2o4 iiisïoihe homaine.

Elle se défendit et se justifia. L'affaire ne fut point jugée après la première plaidoirie ; et il fut ordonné qu'elle serait plaidée de nouveau. Enfin la vestale obtint un jugement d'absolution; mais le grand-pontife l'avertit de prendre à l'avenir des manières plus sérieuses et moins enjouées, et de se piquer dans sa parure de modestie plutôt que d'élégance et de bon goût.

Ceux de Capoue se rendent maîtres de la ville de Cumes, qui avait été jusque-là tenue par des Grecs.

An. R. 33rt.

Av.J.C.4i6.

Conspiration

des esclaves

étouffée

daQs sa

naissaurc.

Liv. lib. 4 ,

An. R. 337.

Av..;.C.4i5.

AGRIPPA MENENIUS LAINATUS.

P. LUCRÉTIUS TRICIPITINUS.

SP. NAUTIUS.

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