L, POSTUMIUS
Fabius est Dès quc Ics tribuns militaires furent entrés en cbarge , jugement un dcs tribuus du peuple appela en jugement Q. Favioi'éic^drôit bius, sur ce qu'ayant été envoyé vers les Gaulois en Li'i'^ifb'è <iui>lité d'ambassadeur, il s'était mis à la tête des Clu- ^- I- siens contre le droit des gens. Il fut soustrait à ce jugeiu Camiiio, mcnt par une mort qui survint si à propos, qu'on la
crut volontaire.
Ou fait uuc Un des premiers soins des magistrats fut de faire une
' " Clariora deinceps , ceiliora- urhis, gcsta domi militia;que expoque, ah secunda origine veliit ab neiitur. » stirpibus Isetiùs feraciùsque renatie
HISTOIRE ROMAINE. SqS
recherche exacte des traités et des lois ; car il s'en était J^fj^J'^^^l conservé. Le premier traité entre les Carthaginois et les traités et des Romains, qui se trouve en entier dans Polybe , était bien antérieur à l'incendie de Rome. Il y a beaucoup d'apparence que les pontifes et les magistrats transportèrent dans le Capitole le plus qu'ils purent d'annales, de livres de religion, et de ceux qui contenaient les usages et les maximes de la république. Quelques - uns de ces monuments furent rendus publics : pour ce qui regardait les choses sacrées et le culte des dieux, les pontifes en demeurèrent seuls dépositaires , et en dérobèrent la connaissance au commun des citoyens, dans la vue de tenir dans la dépendance les esprits de la multitude , et de s'en rendre davantage les maîtres.
Les peuples voisins de Rome ne la laissèrent pas long- Les voU-
. • ques, les
temps en repos. Les Voisques, ses anciens ennemis, Rques,ies
1 '11'.- 1-* 1. I Etrusques,
prnent les armes, résolus d exterminer entièrement le prenuenties nom romain. On apprit aussi par des marchands que "J^r Rome' toute la Toscane était en mouvement et se préparait à CamiUc ,
» ' nomme aic-
la auerre. Mais ce qui causa une plus vive alarme, fut tateur, les
c> 1 ' défait tous,
la nouvelle quoii reçut du soulèvement des Latins et et eu
•'i -11 -Il \ii T»' triomphe.
des Herniques, qui, depuis la bataille près du lac Re- Liv. liL. 6, gille, c'est-à-dire depuis plus de cent ans, étaient dé- "^" ^ meures constamment attachés à l'amitié des Romains. Contre tant de sujets de terreur, Camille ', qui avait été le restaurateur de Rome, en fut aussi l'appui. Comme on voyait clairement que le nom romain était devenu un objet non-seulement de haine chez les ennemis , mais de mépris parmi les alliés, on eut recours à la ressource ordinaire de Rome, et l'on nomma Camille dictateur,
• « Quo primo a(lnjinicul<j erecta erat, eodem innixa M. l'"urio principe stetit.» (Liv.)
qui prit pour général de la cavalerie Servilius Ahala. Le dictateur, après avoir ordonné une cessation générale de toute autre affaire que celle de la guerre , fît des levées , enrôlant jusqu'aux vieillards à qui il restait encore quekjue force. Il partagea ses troupes en trois corps. Il en opposa un à l'Étrurie , en le plaçant dans les terres des Véiens ; il fit camper l'autre près de Rome ; il mena lui-même le troisième contre les Volsques près de Lanuviuin. Ils étaient venus avec une pleine assurance de vaincre les Romains, dont ils croyaient que toutes les troupes avaient été taillées en pièces à la journée d' Allia. Le seul nom de Camille les épouvanta tellement, qu'ils se tinrent renfermés dans leur camp, après l'avoir fortifié avec de bonnes palissades, et par quantité d'arbres qu'ils mirent en travers. Camille , profitant d'un vent favorable qui donnait contre les ennemis , fit préparer beaucoup de feux. Dès que le soleil fut levé, et que le vent eut commencé à souffler avec violence , ayant fait commencer une fausse attaque d'un autre côté , il donna le signal à ses troupes ; en même temps on jeta dans les retraricliements un nombre infini de dards enflammés, qui , tombant sur les arbres entassés les uns sur les autres, embrasèrent tout en un moment. La flamme et le fer firent périr la plus grande partie des ennemis. Les Romains se mirent eux-mêmes à éteindre le feu pour sauver le butin, que Camille leur abandonna ; gratification qui leur fit d'autant plus de plaisir, (ju'ils ne l'attendaient pas d'un chef qui n'était pas accoutumé à faire de telles largesses.
Après cette victoire, Camille alla ravager les terres des ennemis. Il contraignit les Volsques à se rendre, défit l'armée des Eques près de la ville de Bole ou Vole ,
UISTOlUlî KOMAIISE. 3ç)5
dont il se rendit maître , et marcha sur - le - champ au secours des Sutriens , qu'il croyait trouver encore assiégés par les Toscans ; mais ils venaient de se rendre , et à de si dures conditions , qu'ils n'avaient eu la permission d'emporter que leurs habits. 11 les rencontra sur son chemin dans ce pitoyable état , avec leurs femmes et leur enfants, qui tous ensemble déploraient leur infortune ; il les consola , et , sans perdre de temps , il fit avancer ses troupes , se doutant bien de l'état où il trouverait les ennemis. En effet , non-seulement il traversa tout le territoire de Sutrium sans être découvert, mais il était aux portes de la ville , et s'était saisi des murailles avant que les Toscans fussent avertis de sa marche ; car ils n'avaient point posé de gardes , et , dispersés dans les maisons, ils ne songeaient qu'à faire grande chère et à se divertir. Ils se trouvèrent si pleins de viande et de vin, que la plupart n'eurent pas la force de prendre la fuite , et se laissèrent honteusement égorger dans les maisons sans se défendre , ou se rendirent encore plus honteusement. Ainsi , avant la nuit , Sutrium fut remis à ses habitants en bon état, et sans avoir souffert aucune perte , parce que la ville avait été prise par capitulation , et non d'assaut.
Camille, ayant terminé en peu de temps trois guerres, rentra à Rome en triomphe. Il menait devant son char un grand nombre d'Etrusques qu'il avait faits prisonniers. On tira une somme si considérable du prix de leur vente , qu'elle suffit pour rendre aux dames l'or qu'elles avaient généreusement prêté à l'état , et du reste on en fit trois coupes d'or inscrites du nom de Camille, (|ui furent placées au Capitole dans la chapelle de Junon.
396 HISTOIllE ROMAINE.
Ceux des Véïens , des Capénates et des Falisques qui
pendant les guerres précédentes avaient passé du côté
des Romains , reçurent le droit de bourgeoisie , et l'on
distribua des terres à ces nouveaux citoyens.
Les citoyens Dcs particuliers , pour s'épargner la peine de rebâtir
établis igm-s maisons, s'étaient établis à Véïes, où ils en avaient
a Veies sont ' '
rappelés à ipouvé de toutcs prêtes à les recevoir. Ils furent sommés,
Rome. ^ r ^ ^ •>
Liv. hb 5, par un arrêté du sénat, de revenir à Rome. Ils firent d'abord quelque difficulté ^ , et comme ils se croyaient bien forts parce qu'ils étaient tous bien unis ensemble, ils répondirent d'un ton qui sentait la révolte. Le sénat fixa un temps pour le retour , avec peine capitale contre les réfractaires. Le danger devenu personnel les rendit souples : tous obéirent.
Les travaux cependant avançaient beaucoup , parce que l'état faisait une partie des dépenses , que les édiles pressaient extrêmement l'ouvrage , et que les particuliers , piqués par le besoin pressant , ne se donnaient point de relâche. Avant que l'année fût expirée , le tout se trouva conduit à sa perfection , et la nouvelle ville fut entièrement achevée. On travailla aussi , quelque temps après , aux réparations du Capitole,
An. R. 5(17. T. QLINTIUS CINCINNATUS.