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dos sujets un respect plus marqué et une soumission plus entière. A Tégard de la Grèce , il semble qu'un souffle de liberté et un esprit républicain s'étaient répandus dans tout le pays, et avaient inspiré presqu'à tous les peuples qui l'babitaient un violent désir de l'indépendance , diversifiée néanmoins sous différentes sortes de gouvernements , mais tous également ennemis de l'assujettissement et de la servitude. Ici, c'est le peuple qui commande , et c'est ce qu'on appelle démocratie; là, c'est l'assemblée des sages et des anciens, connue sous' le nom ôi aristocratie ; dans une autre république , c'est un petit nombre d'bommes choisis et puissants , et qui se nomme oligai^c/iie ; dans quelquesunes c'est un mélange de toutes ces parties, ou de plusieurs d'entre elles , et quelquefois même de la royauté.
On sent bien que cette variété de gouvernements , qui tendent tous à une même fin , quoique par des voies différentes , contribue beaucoup à la beauté de l'univers , et qu'elle n'a pu venir que de celui qui le gouverne avec une sagesse infinie , et qui met par-tout un ordre et une symétrie dont l'effet est de liei' toutes les parties entre elles, et par là de les rappeler toutes à l'unité ; car , J3ien que , parmi ces différentes sortes de gouvernements, les uns soient préférables aux au- PiOM. i3. 1. ti'Gs , il est vrai néanmoins de dire qu'il tij a point de puissance qui ne vienne de Dieu , et que c'est lui qui a établi toutes celles qui sont sur la terre. Tout usage de cette puissance , ni toute voie pour y entrer , ne sont pas de Dieu , quoique toute puissance soit de lui ; et si l'on voit ces gouvernements dégénérer quelquefois en violence , en factions , en despotisme , en tyrannie ,
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ce n'est qu'aux passions des hommes qu'il faut attribuer ces désordres , qui sont directement contraires à l'institution primitive des états , et qu'une sagesse supérieure sait faire rentrer dans l'ordre en les faisant servir à l'exécution de ses desseins, toujours pleins d'équité et de justice.
Ce spectacle, comme je l'ai déjà dit, est bien digne de notre attention et de notre admiration ; et il se développera peu -à -peu à mesure que j'avancerai dans l'exposition de l'histoire ancienne, dont il fait, ce me semble, une partie essentielle. C'est pour y vendre les esprits attentifs que je me crois oblige d'ajouter au récit des faits et des événements ce qui regarde les mœurs et les coutumes des peuples, parce que c'est, ce qui en fait connaître le génie et le caractère , et ce qu'on peut appeler en quelque sorte l'ame de l'histoire ; car n'y observer que les faits et les dates , sans porter plus loin sa curiosité ni ses vues , ce serait imiter l'imprudence d'un voyageur qui , en parcourant beaucoup de pays , se contenterait d'en connaître exactement la distance , de considérer la situation des lieux , les bâtiments des villes, les habillements des peuples, sans se mettre en peine de converser avec les hommes pour connaître leur génie, leurs mœurs, leur caractère d'esprit, leurs lois, leur gouvernement, Homère, qui a eu dessein de nous donner dans la personne d'Ulysse le modèle d'un voyageur sage et intelligent, avertit dès le commencement de l'Odyssée que son héros , en visitant les villes, eut grand soin de s'informer des mœurs et des coutumes des peuples. Il en doit être de même de quiconque s'applique à l'étude de l'histoire.
4 HISTOIRE AWClEiVNli.
§ IL Description géographique de VAsie ^
Comme l'Asie sera désormais le principal théâtre de l'histoire où nous allons entrer , il ne sera pas hors de propos d'en donner d'abord une idée générale , qui en fasse connaître au moins les provinces et les villes les plus considérables.
Les parties septentrionales et orientales de l'Asie sont moins connues dans l'histoire ancienne.
Au nord ou septentrion , sont laSar3iatie asiatique et LA ScYTHiE asiatique , qui répondent à la Tartarie. La Sarmatie est entre le fleuve Tanaïs , qui sépare l'Europe de l'Asie , et le fleuve Rha ou Folga. La Scythie se divise en deux parties, l'une en -deçà, l'autre au-delà du mont Imails. Les peuples de Scythie les plus connus sont les Saques et les Massagetes.
Les parties les plus orientales sont Serica ^, le Catay ; SiNARUM ^ REGio , la Chine ; India , l'Inde. Cette dernière anciennement était plus connue que les autres : elle se divisait en deux parties ; l'une en - deçà du Gange, renfermée ^ntre ce fleuve et VInde , ce qui
I Cette description est fort in- contrée d'où l'on tire encore à-pré-
complète. Je me suis contenté de sent la serica materies , ou le poil
faire un petit nombre d'observations de chèvre , avec lequel on fabrique
sur des inexactitudes palpables , les tissus de laine les plus fins et les
et de rectifier l'orlbographe des plus précieux. La Sérique n'a rien de
jjQjjjg L commun avec le CaCaj , nom dont
» La Serica de Ptolémée renfer- Marc Paul s'est servi, lui tout seul,
mait le pays des Issédons et des As- pour désigner la Chine entière. — L. iniréens , et parait avoir compris ^ Les Sirue de Ptolémée ne sont
non-seulement la vallée de Sirinagar , point la Chine : ces peuples paraissent
mais encore toutes les vallées qui avoir occupé le pays à lest des Bir-
sont au nord de l'Inde, telles que mans, qui répond à celui des Bramas,
le Cachemire, le Bouton et la partie de Mien et de Siam ou Sian. — L. méridionale du Thibet, la seule
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forme aujourd'hui les états du Grand -.Mogol ; l'autre au-delà du Gange,
Lé reste de l'Asie, dont il est beaucoup plus parlé dans l'histoire , peut se diviser en cinq ou six parties , en allant d'orient en occident.
I. L'Asie supérieure , qui commence au fleuve Indus. Les principales provinces sont : la. Gédrosie, la Carmanie , l'Arachosie , LA Drangiane , LA Bactriane , dont la capitale était Bactre; la Sogdiane, la Mar- GiANE , l'Hyrcanie, près de la mer Caspienne; la Parthie, la Médie, vil. Ecbaiane; la Perse, vil. Persépolisy Eljmaïs; la Susiane , vil. Suse; l'Assyrie , vil. Ninwe^ située sur le Tigre; la Mésopotamie, entre l'Euphrate et le Tigre; la Babylonie, \n\. Bahjione^ sur l'Euphrate.
n. L'Asie entre le Pont-Euxin et la mer Caspienne. On y peut distinguer quatre provinces : j^*^ la Gol- CHiDE, le fleuve Phasis et le mont Caucase; i^ l'Ibérie; 3 l'Albanie : ces deux dernières font maintenant partie de la Géorgie; 4^ la grande Arménie : elle est séparée de la petite par l'Euphrate, de la Mésopotamie par le mont Taiirus ^ et de l'Assyrie par le mont Niphate; ses villes sont, Artaxate et Tigranocerte : le fleuve Araxe la traverse.
IIL L'Asie mineure. Elle peut se diviser en quatre ou cinq parties, selon la différente situation de ses provinces •
i""^ Au septentrion ^ sur le bord du Pont-Euxin, le Pont, sous différents noms; les villes sont, Trapezus: assez près de là sont les peuples appelés Chafybes ou Chaldœi; Themiscjra, ville située sur le fleuve Ther-
jnodoon , et célèbre par la demeure des Amazones; la Paphlagonie; la Bitiiynie, vil. Nicée , Pruse, NicomecUey Chalcedoiiie ^ vis-à-vis de Constantinople , Héraclêe ;
1^ A l'occident, en descendant le long de la mer Egée; la Mysie, qui est double ; la petite, où sont Cjzique, Lanipsague, Parium , Abjdos, vis-à-vis de Sestos, dont elle n'est séparée que par le détroit des Dardanelles; Dardanum, Sigeum, lUon ou Troie, et, presque vis-à-vis, la petite île de Ténédos; les rivières sont l'A^sepe, le Granique , le Simoïs; le mont Ida: cette région est quelquefois appelée aussi la petite Phrygie , dont la Troade fait partie ; la grande Mysie, vil. Antandre, Trajanopolis , Adrainjttium , Pergame. Vis-à-vis de cette Mysie est l'île de Lesbos , dont les villes sont Methjmna, patrie du célèbre Arion , et Mjtilhie , qui a donné à l'île le nom de Mételin.
L'EoLiE. Elée, Cume, Phocée.
L'IoNiE. Smjf/ie , Clazomene, Teos, Lebedus, Colophon, Ephese, Prime, Milet.
La Ca.rie. Laodicée, Antioche, Magnésie, Alabanda ; le fleuve Méandre.
LA Doride. Halicarnasse , Cnidus. Vis-à-vis de ces quatre dernières contrées sont les îles Chios, Samos, Pathmos, Cos; et plus bas , au midi , Rhodes ;
3^ Au midi, le long de le mer Méditerranée :
La Lycie, vil. Telmessiis, Patara; riv. Xan/hus. C'est ici que commence le mont Tauriis, qui parcourt toute l'Asie dans sa longueur , et prend différents noms , selon les différents pays où il passe.
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La Pamphylie. Perga., Aspendus^ Sida.
La CiirciE. Sèleucie, Corjcium, Tarse, sur la riv. Cjdmis. Vis-à-vis de la Cilicie est Hle de Chypre , vil. Salamis, Amathus , PapJios;
4^ Le long de VEuphrale, en remontant vers le nord :
La Petite Arménie. Comane * , Arabisse , Melitene, Satala; riv. Mêlas, qui se jette dans l'Euphrate;
5^ Au milieu des tenues :
La Cappadoce. IVéocésarée, Comaria Pontica Sebastia, Sebastopolis , Diocesarée , Cesaree, autrement Mazaca, Tjane.
La Lycaonie et l'Isaurie. Iconium, Isauria.
La Pisidie. Séleucie et Antioche de Pisidie.
La Lydie; vil. Thjatira, Sardes, Philadelphie; riv. Cajstrus et Hermus, oii se jette le Pactole; mont. Sipfle et Tniolus.
La grande Phrygie Sjnnada, Apamée.
IV. La Syrie, maintenant la Sourie, appelée sous les empereurs romains \ Orient , dont les principales provinces sont :
i^^ La Palestine. Ce nom est quelquefois donné à toute la Judée. Vil. Jérusalem, Samarie , Césarée de Palestine; riv. le Jourdain. On appelle aussi Palestine la contrée du pays de Chanaan qui s'étendait le long de la mer Méditerranée , dont les principales villes étaient Gaza , Asçalon , Azoth , Accaron et Geth ;
1^ La Phénicie, vil. Ptolèmaïde , Tjr, Sidon, Bérjrte; mont. Liban et anti-Liban ;
3^ La Syrie proprement dite , ou l'Antiochène ; vil. Antioche, Apamée, Laodicée, Séleucie;
' Je ne vois point de Coinana dans la petite Arménie. — L.
[\ La Commagène, y'A.Samosate;
5^ La Celés YRiE, vil. Zeugma, Thapsacus, Palmjre, Damas.
V. L'Arabie pétrée, vil. Petra, Bostra; mont. Casiiis; déserte, heureuse.