‹ OEuvres complètes. Accompagnée d'observations et d'éclaircissements historiquesChapitre 73 sur 85 · PITTACUS · texte numérisé non relu

PITTACUS

Il était de Mitylène, ville de Lesbos. Uni aux frères d'Alcée, fameux poète lyrique, et à Alcée lui-même.

DE LA GRÈCE. /^'^r

qui s'était mis à la tête des exilés , il chassa de cette île le tyran qui s'en était rendu maître.

Ceux de Mitylène étant en guerre avec les Athéniens , Pittacus eut la conduite de l'armée. Pour épargner le sang de ses citoyens, il offrit de se battre contre Phrynon , qui était le chef des ennemis. Le parti fut accepté. Pittacus le vainquit et le tua. En reconnaissance , les habitants de Mitylène , d'un commun accord , lui donnèrent la souveraineté de leur ville. Il l'accepta , et se conduisit d'une manière si sage et si modérée , qu'il fut toujours considéré et chéri de ses sujets.

Cependant Alcée , ennemi déclaré des tyrans , n'épargna pas celui-ci dans ses vers, quelque douceur qu'il fît paraître, et l'attaqua vivement. Pittacus, entre les mains de qui il était tombé, loin de s'en venger, lui rendit la liberté, et montra par cette action de clémence et de générosité qu'il n'avait que le nom de tyran.

Après avoir gouverné dix ans avec beaucoup d'équité et de sagesse , il abdiqua volontairement l'autorité , et se retira. Il avait coutume de dire ^ que la preuve d'un bon gouvernement était d'engager les sujets, non à craindre le prince , mais à craindre pour lui. Il ne voulait pas qu'on se donnât jamais la liberté de médire d'un ami, ni même d'un ennemi. Il mourut dans la 5a*^ olympiade.

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