SCÈNE X. 3i
VALCOURT, apercevant Michel.
Mais, si je ne me trompe, voilà une physionomie...
M ICHEL.
Mais ce jeune homme ressemble beaucoup....
VALCOURT
J'ai vu, je crois, cet homme à l'armée...
MICHEL
C'est cet aimable officier si brave , qui m'appliqua un soufflet le jour d'une affaire...
VALCOURT
Oh ! je me le rappelle maintenant. Mon ami , n'estu pas au service...
Du capitaine Firmin ; oh ! je vous reconnais aussi , vous êtes le capitaine Valcourt.
VALCOURT
Et que fais-tu donc ici ?
MICHEL
J'accompagne mon maître qui se rend en Allemagne.
VALCOURT
Quoi ! Firmin , mon camarade , est ici ? tant mieux ! il me tirera peut-être d'embarras.
MICHEL
Est-il possible? Quoi! vous êtes ce jeune fou dont nous a p&rlé madame Dumont, notre hôtesse.
VALCOURT
Oui, je suis ruiné, mais ruiné tout-k-hit. (G aime nL) Je n'ai jamais fait de partie plus malheureuse, de ma vie
MICHEL
Diable ! vous dites cela bien gaîmenl „
3i8 LE TRENTE ET QUARANTE.
VALCOURT
Quand je me désespérerais , cela ne me rendrait pas mon argent, mes bijoux, mes chevaux...
MICHEL
Quoi ! vos chevaux aussi ?
Eh! mon ami, c'est un maudit valet de cœur qui m'a enlevé ma belle jument.
MICHEL
Ainsi, vous voilà maintenant capitaine à pied.
VALCOURT
J'ai pris mon parti ; je vais me mettre en pension ici , jusqu'à ce qu'il me soit arrivé des fonds.
MICHEL
Vous mènerez une vie tranquille , sans orgueil, sans faste , loin des vanités de ce monde.
VALCOURT
Je m'imaginerai être aux arrêts.
MICHEL
Vous avez sans doute instruit votre famille?..
VALCOURT
Oh ! j'y pense toujours dans les moments de détresse. Ce qui me contrarie, c'est que je suis attendu dans la maison voisine , et que je n'ose m'y présenter.
MICHEL , à part.
C'est notre rival.
VALCOURT
Mais, ton maître pourra peut-être me prêter assez d'à r sent...