SCENE IIL
SUSETTE, BONNAHl)
SUSETTE, A pan.
Son air souvent ressemble à la malignité
BONNARD
Susette, souviens-toi qu'il faut ce soir tout melh-. En ordre au pavillon : je reçois une lettre Qui m'annonce Blinville et son ami Dermon.; Je compte les loger tous deux dans ma maison
SUSETTE.
Ce Dermoni'..
BONN A RI)
Est l'ami de lilinville, le père.
Il vient ici chercher un secours salutaire.
Le pauvre malheurigux , depuis près de trois ans.
Après un grand mallieur, a perdu le bon sens :
Il est devenu fou , non de cette folie
Qui pourrait nous forcer à fuir sa compagnie.
SUSETTE.
Ah' ah! c'est singulier!
BONN ARD
Par un autre accident.
Ils ont fait tous les deux naufrage en arrivant.
SUSETTE.
(A part.) (Haut.)
Il croit tout!... Pardon si je vous questionne: Vous savez bien pourquoi l'étranger déraisonne?
BONN ARO
Il a perdu sa femme; il l'aimait bien, dit-on; Et son trémas subit a troublé sa rai.son.
SUSETTE.
Voilà ce qui s'appelle une folie unique! Je doute qu'on la trouve ailleurs qu'en Amérique. Mais voici votre sœur; moi, je vais à l'instant Retrouver ma maîtresse, et dire qu'on l'attend.
( Elle sort , Bonnard la suit des yeux. )