‹ OEuvres complètes (volume 2)Chapitre 245 sur 340 · ACTE l, SCKNE Vïlf. 38r · texte numérisé non relu

ACTE l, SCKNE Vïlf. 38r

Qu'il n'a pas de soupçon, qu'il plaint votre naufrage, Et qu'il vous recevra tous deux très-bien, je gage.

DUBOIS

(31i ! nous réussirons, je vous l'ai toujours dit : Pour tromper ce tuteur, il faut si peu d'esprit ; îl a, dit la chronique, une ame si bénigne. Que de mon savoir-faire il me paraît indigne.

BELVAL

Moi, je conviens ici que ce n'est qu'en tremblant Que je vais m'exposer à son ressentiment. Si j'avais su trouver quelque plan plus honnête Pour parler à Sophie... Ah! la crainte m'arrête!

Eh! c'est le seul moven d'approcher le patron.

Songez que vous avez la réputation

D'être un grand étourdi. Cette raison sans doute

De cette maison-ci vous fermerait la route.

Sur ce point les vieillards sont toujours scrupuleux ;

Ils voudraient qu'à votre âge on fût sage comme eux.

Le bon tuteur bientôt connaîtra mon génie...

Je suis fâché qu'il ait autant de bonhomie.

Que n'est-il défiant autant que Bartholo,

Et que n'a-t-il de plus l'esprit de Figaro !

Je voudrais, tant la gloire a de droits sur mon anie ,

Enlever sa pupille et lui souffler sa femme.

Eh ! personne ne doute ici de tes talents. S'il se peut, mes amis, employons mieux le temps. Vous savez du tuteur quel est le caractère?

CHARLES

Mais ils savent très-bien tout ce qu'ils doivent faire De leurs noms, de leurs biens, je les ai prévenus : Seulement dans les flots leurs papiers sont perdus.

DUBOIS

J'ai fait à ce sujet la plus belle tempête!..

Je crains , en la contant , de perdre aussi la tête.

Il ne pourra jamais l'entendre sans pâlir;

Enfin , c'est un récit qui doit faire frémir.

Quelle description! Qu'il est beau mon naufrage'.

C'est un bruit infernal , c'est un remu-ménage !

Des gouffres, des rochers, des feux, des ouragans

La foudre, les éclairs et les flots écumants,

Le ciel, la mer, l'enfer, les noyés, et le diable!.

BELVAL

Puisse-t-il t'emporter , bavard impitoyable ! Vous verrez que ce fat, en voulant trop parler, A tout le monde ici pourra bien révéler Le stratagème...

s IJ .s E T T £.

Eh! non, mon dieu, laissez-le faire En pariant sensément il gâterait l'affaire.

BELVAL

Tu dis ?

su SET TE.

Qu'il doit avoir le cerveau dérange.

Il est fou, pour cela seul il a voyagé; Ainsi ne craignez pas qu'il fa.sse de méprises : Il parlera très-bien, s'il dit bien des sottises.

VCTE 1, SCENE VIll. ^83

cil ARLES.

Ma foi, tu (lois jouer les fous parfeitemenl,

Toi , tu joueras les sots tout naturellement.

B E L V A L , à Susette.

Es-tu certaine au moins de cette circonstance '

CHARLES

Je l'atteste; Dcrmon doit paraître en démence; Je croyais bien, ma foi, tantôt vous l'avoir dit,

DUBOIS

Bien plus que l'étranger, ce faquin perd l'esprit. Que fiit-il arrivé, si, d'un ton raisonnable, J'avais parlé de tout? si j'avais fait l'aimable? On eût connu la fourbe alors.

Eb! mon dieu ! non.

Tu passeras pour fou, même en parlant raison.

BELVAL

A quehjues questions si je ne sais que dire. Sauve mon embarras par des mots de délire, Coupe-moi la parole.

DUBOIS

Allez, ne craignez rien; Compiez sur mon adresse, et tout ira très-bien,

SUSKTTE.

Voilà notre tuteur...

BELVAL

\llons , zèle et prudence '

DUBOIS

Vltention '

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