ACTE m, SCENE IX
SOPHIE
Comment!...
B E L V A L , courant à Boniiaid.
Serait-il bien possible !
L'excès de mon bonheur...
BONN ARD
Vous êtes bien sensible !
Pourquoi tant de chale
ur
B E L V A L , embarrassé.
J'ai pris en ce moment, Pour vous remercier , la place de l'amant.
BOJVJVARD.
Ah! c'est bien généreux! mais, mon ami, de grâce Par égard pour ma sœur, restez à votre place.
SUSETTE.
Pour moi, je suis encor dans l'admiration.
A.h1 vous faites pour nous la plus belle action!...
Oui , je crois faire bien d'en agir de la sorte. Belval est très-léger , j'en conviens ; mais n'importe , Quant à moi je n'ai point à me plaindre de lui : Ainsi je vais au père en écrire aujourd'hui.,
BELVAL
( A part. ) ( Haut.)
Je suis dans une joie ! Oh ! sa reconnaissance !...
(A Suscite. )
Je vais me découvrir.
SUSETTE, à Belval.
Soit, mais avec prudence,
i\v (jue j'aime en Belval, c'est qu'il m\i respecté,
Qu'il ne s'est pas joué de mon autorité.
BELVAL
Comment !
BONNARD
Il aurait pu, par quelque stratagème, Je ne sais trop comment , venir ici lui-même. Son valet est un drôle : aidé de ce fripon , Il eût pu pénétrer jusque dans ma maison. Employer contre nous et la ruse et l'adresse , Mettre en ses intérêts et soubrette et maîtresse , Se servir des moyens communs aux intrigants , Quand ils veulent tromper d'estimables parents : Enfin , il aurait pu m'enlever ma pupille ; Je lui sais bien bon gré d'être resté tranquille : Il aurait réussi; je suis bon, confiant. Et l'on me trompe, moi, comme on trompe un enfant.
su SET TE.
En sorte que s'il eût tenté quelque entreprise...
BONNARD
Il eût fait, je l'avoue , une grande sottise.
(A Sophie.)
Bien loin de consentir à l'unir avec toi ,
Je l'eusse, au même instant, fait sortir de chez moi.
BELVAL
Je rougis..
SOPHIE
Ah! Grands dieux!
BONN AR n.
Toi est mon caractère :
A.CTE m, SCÈNE X. 42$
A tous les bons esprits l'intrigue doit déplaire. Qu'espérer de celui qui , manquant à l'honneur , Foule aux pieds tous les droits d'un père ou d'un tuteur ?