ACTE 1, SCENE XT. /.(u
Vous avez raison de colorer votre témérité du prétexte de l'intérêt général; sans cela, je saurais tirer vengeance de cette insulte.
STÉPlf ANOW.
Je saurais y répondre.
GESLIN
Brisons là. ( Avec sévérité. ) Te voilà libre ; te voilà bientôt parent du gouverneur; tes camarades te craignent, te soupçonnent. Quelle est ton intention?
LES EXILÉS
Képonds î
liÉNlOWSKl.
De vous être toujours fidèle, de renoncer à ma liberté, au bonheur qui m'était préparé, à l'amour d'Aphanasie, d'attaquer le fort, de combattre, de mourir pour vous.
LES EXILÉS
Brave Béniowski !
KÉNIOWSKI.
Armez-vous, et cette nuit même nous serons libres. Je vous l'ai dit cent fois , il nous sera facile de nous emparer du château par le côté de la mer. On le croit fortifié par la natiue , et j'ai remarqué, d'une salle basse du château du gouverneur, qu'il était possible de se frayer une route au milieu de ces précipices. Marchons! une fois maîtres du fort, nous le sommes de la rade et de la ville. Là, retranchés, nous pouvons attendre la fonte des glaces, qui ne doit j)as tarder. Geslin, Panow, je vous ferai part de mon plan d'at-
/,62 BENIOWSKl.
taque ; vous commanderez deux détachements , et mol ,
le troisième.
STÉPHANOW.
Ne puis-je en être instruit? moi, officier russe, ne puis-je commander ?
BENIOWSKl.
Vous vous êtes défié de mes sentiments à l'égard de mes camarades ; moi , je puis me défier, je crois, de vos talents militaires.
STÉPHANOW, à part , avec rage.
Malédiction sur toi et sur tes projets !