‹ OEuvres complètes (volume 2)Chapitre 65 sur 340 · AR A BELL A · texte numérisé non relu

AR A BELL A

Contre vous!

MARWOOD.

A quel sort enfin dois-je m'attendre?

MELFONT.

Ah! je devrais vous fuir, au lieu de vous entendre : Mais , comment être sourd au langage éloquent De mon Arabella... quand mon cœur cependant...

MARWOOD, qui voit que Melfont commence à fléchir.

Votre cœur toujours droit me fait enfin justice;

loo LA COURTISANE.

Et le plus tendre amour triomphe d'un caprice.

MELFOJNT.

Oui, vous avez vaincu... jouissez de vos droits; Car je suis tout ce que vous voulez que je sois : Je suis un séducteur inconstant et parjure; Un monstre, un ravisseur, l'horreur de la nature! Je suis... •

Vous n'êtes rien, Melfont, de tout cela. Vous êtes mon amant, père d'Arahella :

Ce titre, à tous les yeux, paraîtra respectable; Remplissez ses devoirs, vous n'êtes point coupable. Allez tout disposer pour ne nous plus quitter.

MELFONT.

Sans être un scélérat puis-je donc accepter? Que deviendra Sara?

MARM OOD.

Sara! mais je l'ignore :

(à part.)

Eh! qu'importe son sort!... Ah! combien je l'abhorre!

MELFONT.

Eh! qu'importe son sort? Ah! ce mot criminel Me dit que votre cœur est jaloux et cruel : Je m'en aperçois trop, il est toujours le même.

MA-RWOOD.

Mais sur mes sentiments votre erreur est extrême: Rendez aux derniers vœux de malheureux parents Cette fille crédule; il en est encor temps; Et que cette maison, qui dût être sacrée. Cesse d'être déserte , étant déshonorée.

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