ACTE m, SCENE 111. m
SARA
Je dois le reconnaître.
De Tamour, un pardon...
VAITWEL.
Et des regrets, peut-être, De l'usage qu'il fît de son autorité, Quand il eut dû, sans doute, employer la bonté.
SARA
Je suis trop criminelle! il ne pourra m'absoudre A lire ce billtt je ne puis me résoudre; Ainsi reprends...
(Elle veut lui rendre la lettre. ) VAITWEL.
Non, non, je ne le prendrai pas, Ce serait à Sampson rapporter le trépas. Je suis un homme simple et sans doute incapable De pouvoir vous donner un conseil bien valable... A votre place, miss, je parlerais ainsi: Un père de sa fille est le plus tendre ami ; Si sa fille envers lui commit quelque imprudence. Quelque jour elle peut réparer cette offense. Et la faute qu'efface un soudain repentir Fuit avec le passé , sans troubler l'avenir. Si vous avez commis une erreur passagère. Vous n'en avez pas moins respecté votre père ; lisez donc , je vous prie.
SARA
Oui, je vais t'obéir.
Je sens que ma main tremble... Allons, il faut loiivrir.
(Elle lit bas et s'inlerrompt de temps en temps.)
112 LA COIjRTISANE.
11 appelle , Vaitwel, cette fuite une absence.
Oh! c'est bien à présent que je sens mon ojffense !
Il dit qu'il va chercher lui-même ses enfants;
Il ne pourrait sans eux vivre encor plus long-temps.
Combien tant de bontés ont droit de nous confondre ;
Et pour nous excuser que pourrons-nous répondre ?
Bon Vaitwel, laisse-moi, j'ai le cœur si serré.
Il demande réponse; eh bien! je la ferai.
Tu pourras revenir la chercher dans une heure;
Adieu, mon vieil ami , retourne en ta demeure.
Je te sais bien bon gré d'être venu vers moi ;
Mais peut-être ton maître a-t-il besoin de toi:
De retour près de lui prends soin de sa vieillesse ;
Que ton zèle et tes soins remplacent ma tendresse.
Va , ne perds point de temps , adieu , bon serviteur.