SCENE V. a
BLINVAL
C'est une perte qu'il me sera facile de réparer aussitôt que j'aurai rejoint mon ami.
VALENTIN
Nous ne sommes pas rendus. — Dites-n»oi, monsieur, avez- vous examiné la forme de ce château?
BLINVAL
Son aspect est triste, lugubre. Au reste, il est comme tous les châteaux gothiques.
VALENT IN
Avez-vous remarqué qu'aussitôt après notre entrée, on a haussé le pont-levis?
BLINVAL
C'est pour la sûreté de la maison.
VALENTIN
Avez-vous aperçu dans la coin^ un homme en sentinelle ?
Oui, cela m'a étonné; mais on craint peut-elrt^ quelque tentative de la part des brigands de la forêt. Quelles sont donc tes idées?
VALENTIN
Les voici... Le château isolé, le pont-levis, l'honnne en sentinelle, quelques vilaines physionomies que j'ai aperçues par-ci , par-là : tout me fait croire que nous sommes au quartier-général des messieurs qui nous ont dévalisés, il y a deux jours, à l'entrée de la forêt.
BLI NVA L.
Tu ne l'êves ([ue voleurs'
valentin!
Ecoutez donc , nous avons le droit de nous en plaindre.
BLI]>ÎV\L.
Mais, imbécille! si ce que tu dis pouvait se croire, trouverions-nous ici une femme prévenante?...
VALENT IN
Vous n'avez donc pas lu nos romans à la mode? On y trouve de très-jolies femmes parmi les voleurs, des revenants, des diables même.
BLINVAL
Passe pour les romans; mais ici...
VALENTIN
Quel bruit entends-je?
( La musique exprime uu grand bruit d'hommes et de clievaux. ^ VALENTirs.
Enteiulez-vou5 le bruit des armes, Le hénissenient des chevaux?
BLIAVAL.
Pourquoi ressentir des alarmes iVu héiiissement des chevaux ?
VALENTIN
Hélas ! dans des périls nouveaux ?ious allons nous trouver encore !
BLINVAL
Pour croire à des périls nouveaux , Il n'est pas de motif encore.
SCEINE VU.