SCENE VII
VERSAC, ROSETTE, BELAMI
VERSA.C
Quoi ! l'on s'enfuit ? mais l'une me reste au moins. Que de charmes ! que de grâces !
BELAMI.
Doucement, mon officier; vous vous échauffez trop.
VERSAC
Laissez-moi.
BELAMI.
Vous ne deviez pas ôter votre bandeau. Vous me l'aviez promis.
VERSAC
Et qui pourrait entendre la voix d'une femme , et ne pas chercher à la voir?
ROSETTE
En quoi donc est-il coupable ?
VERSAC
Que vous êtes bonne de prendre ma défense ! Que ne suis-je sous votre garde! Je voudrais....
( Il lui baise la main. ) BELAMI.
Mais, mon officier....
ROSETTE
Me dire des douceurs l'amusera bien autant que de tirer des armes.
3o L'OFFICIER ENLEVÉ.
VE R SAC
Êtes-vous cette belle inconnue , cette femme inconcevable?....
ROSETTE
Non , monsieur , je n'ai pas cet honneur-là.
BEL A MI
C'est la première femme de chambre de madame l'inconnue.
V E R s A C , prenant tout à coup un ton leste.
Mais c'est qu'elle est charmante, cette petite. Ah! parbleu, pour me dédommager de tout ce que j'ai souffert, elle m'accordera bien un baiser,
BEL AMI
Comme il court au feu!
ROSETTE, se défendant.
Et l'on appelle cela un philosophe !
B E L A M I , les séparant.
A moi , mes hommes !
(Il entre deux gardes-chasse, ^ VER SAC.
Mais quel mal vous fais-je , geôlier de malheur ?
BELAMI.
Si je ne défendais pas la place , il est homme à en ï'dïre le siège. Songez plutôt à votre toilette , si vous voulez souper avec madame.
V E R s A C , vivement.
Quoi ! je vais souper avec mon inconnue ? Ah ! mon aimable geôlier!
BELAM I.
Ici , à l'ordre. ( Les gardes s'avancent. ) Un fac-