‹ OEuvres complètes (volume 3)Chapitre 174 sur 400 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

EDOUARD, CLARA, Madame FOLLEVILLE , Miss ODELSON, Sir HARVEY, MILADY , HENRL

EDOUARD

Je vois trop à ton air que rien n'a réussi.

HENRI

Ah! plains, cher Edouard, ton malheureux ami. Oui, mon père est coupable, hélas! tout me l'assure. J'ai cru voir mon arrêt écrit sur sa figure ; Et c'est avec effroi que je l'ai vu rougir Au récit des dangers qu'il avait à courir. Rougir devant son fils doit être un grand supplice! En voyant ses. remords je me croyais complice: Mais dès que j'ai parlé de l'espoir que l'amour Pour empêcher l'éclat m'a fait naître en ce jour , Sur son front obscurci s'est fait voir l'espérance.... Tout à coup reprenant un air d'indifférence , Sans me dire un seul mot, il appelle un valet.

Demande ses chevaux, rentre en son cabinet, Et me laisse accablé de la crainte d'un crime Qui m'ôte le bonheur et lui ravit l'estime.

É D O ! A il 1).

Cher Henri, calme toi.

MISS ODELSON.

Mon ami , je vous plains.

MIL AD Y

Que veut dire cela? Quels sont donc vos desseins? Et pourquoi, mon neveu, supposez-vous mon frère Capable d'avilir son noble caractère ?

Je vois trop ([ue l'amour, égarant vos esprits, Vous a fait ouljlier de qui vous êtes fils : Croyez-vous qu'une femme ait pu par son intrigue Et par son protégé se créer une brigue Capable d'ébranler le pouvoir de milord! Quiconque l'essaîra, paîra bien cher ce tort.

SIR HARVEY, à part

Je suis de son avis.

EDOUARD

Je l'essaîrai, madame.

De preuves appuyé je dévoile la trame....

MISS O DEL SON

Oui, c'est par Edouard, c'est par sa loyauté

Qui Ton va déco-uvrir enfin la vérité. ,

On connaîtra demain le nom de l'étrangère.

Mais pourquoi plus long-temps employer le mystère?

Mes amis sont tout prêts, mon défenseur connu,

Sûre de ses talents comme de sa vertu ,

Je puis, à tous les yeux révélant ma naissance,

ICÏE V, SCENE VIL -/O)

(AHemi.) (Amllady.)

Consoler le malheur , et punir l'insolence.

MILADY, à part.

Quelle femme !

MADA3IE FOLLEVILLE,à Clara.

Ecoutons.

AI I L A D Y , un peu embarrassée.

Vous ne m'effrayez pas.

A qui ferez-vous peur avec de tels éclats? Que nous fait votre nom? une telle menace Peut-elle en quelque chose, intéresser sa Grâce? Lorsque l'on est ministre, et ministre puissant....

MISS ODELSON.

Ainsi qu'un criminel poursuit-on l'innocent ?

MILADY

Quant de duc de Weymour on a le rang illustre....

MISS ODELSON.

Il faut par des vertus en soutenir le lustre.

Mais ce grand nom d'ailleurs ne fut jamais le sien ,

Et ce titre et ce nom de mon père est le bien.

HEjÎ^RT.

Vous fille d'un Weymour !

SIR HAR VEY, à part.

C'est de George, je pense-,

MAIiAME FOLLEVILLE.

Se peut-il?

É DOUAR D

Ah! j'ai lu ce grand procès d'avance, l'ai- If ijruit qui dès lors, a dans Londre éclate Sur le genre de crime et sa réalité :

J ai voulu le connaître et juger par n)oi-mênie

Les formes et le fond de cet arrêt suprême.

En Irlande, j'ai vu le peuple révolté

Pour sa religion et pour sa liberté;

Jai vu de même aussi qu'un ardent ministère,

Par le malheur des temps devenu trop sévère.

Dédaignant la justice, écartant la raison.

S'appuyait sur la mort et la proscription.

Oui, le cœur indigné, j'ai lu l'acte arbitraire

Qui condamne à la mort votre malheureux père.

J'ai jugé par le rang de ses accusateurs

Qu'ils n'étaient que Fécho déplus grands imposteurs ;

Enfin réunissant dans ma jeune mémoire

Ses services passés , ses titres à la gloire ,

Certain que comme un ci'ime on frappait le malheur,

Jai pleuré l'innocent dont je suis le vengeur.

MISS OD EL s ON , vivement.

Quoi! vous l'avez pleuré!..,, vous le deviez peut-être.

HEJVRI.

Eh quoi! George Weymour ne fut jamais un traître!

MISS ODELSON.

De scélérats vendus le faux est attesté,

Sur le bord du tombeau quand l'un s'est retracté ;

L'autre comparaîtra pour accuser lui-même.

H E N R ) , accablé.

Mon père !

EDOUARD

Mon ami.

MISS ODELSON.

Cher Henri , je vous aune

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