SCENE VIII
ROSF.TTE..
Oui, je vous crois un tn-s-bon diahlc.
(A part.) Ce garçon est vraiment aimable.
Et j'aime avec sincérité.
Allons , j'ai du courage ; Agissons franchement :
Pour parler mariage, Profitons du moment.
ROSETTE
Il aura le courage De parler en amant , Et de mon mariage S'approche le moment.
BEL AMI
Ail ! mademoiselle , si vous ne dédaignez pas un soldat qui , j'ose le dire , a gagné ses clievrons avec honneur; et si à tous nos beaux fils vous pouviez préférer les bons enfants, j'oserais vous avouer....
ROSETTE
Parlez , monsieur Belami , n'est-ce pas à l'amour à récompenser les guerriers ?
BELAMI.
Eh bien ! voilà de ces mots qui me donnent du plaisir comme un cri de victoire. Je suis si transporté....
ROSETTE
Calmez-vous donc. Est-ce qu'un ancien militaire....
BELAMI.
Non, en deux mots, il faut que j'en finisse. Foi de Tome IX. 3
groiiadicT français, je n'ai [)as vu, dans tous les pays que j'ai parcourus, une femme plus gracieuse, plus appétissante : et , après mon brave colonel ( Il fait lin gws soupir. ) , vous êtes bien la personne que j'ai le plus aimée. Ouf!
ROSETTE
Eh bien! monsieur Belanii , de tous les jolis garçons qui m'ont fait la cour, vous êtes celui qiie je préfère.
B E L A M I , dans le plus grand transport.
Est-il possible ? mille tonnerres !
ROSETTE
Quoi ! vous jurez !
BEL A.MI
C'est de plaisir, mademoiselle. Un mot à madame la marquise , un quart d'heure à la municipalité ; et vous voilà madame la concierge ; touchez-là : en avant, marche !
R O s E T T E , lui donnant la main.
Eh bien ! en avant , marche! Mais ma maîtresse, qui m'attend pour sa toilette....
BELA M I , Tcmbrassant.
Le devoir avant tout. Adieu , ma jolie petite future.
ROSETTE
Adieu , mon brave grenadier.
(Elle sort.)