SCÈNE yi
Le Duc de POPOLI, DESTOUCHES.
LE DUC
On ne m'a pas trompé. Ils se donnent ici des rendez-vous. Je suis enchanté de cette découverte.
destouches, à part.
Est-ce qu'il aurait épié nos amoureux ?
LE DUC
11 est toujours bon d'avoir un motif poiu' éloigner
ACTIi 1, SCENE VI. 297
un iiiariagr qui ne peut être que conditionnel. La princesse a beau m'assurer que cette union me vaudra un gouvernement, il est toujours bon... ( Il aperçoit Destouches. ) Mais voici quelqu'un : c'est un Français.
DESTOUCHES
Il me regarde avec une attention...
LE DUC
Mais je connais cette personne : je ne me trompe pas , c'est monsieur Destouches.
DESTOUCHES
C'est lui-même, monsieur le duc. Je n'aurais pas cru que vous m'eussiez reconnu si promptement.
LE DUC
Oui, j'oublie assez volontiers tout le monde, excepté ce qui m'amuse , les jolies femmes et les gens d'esprit.
DESTOUCHES
Ah! vous me flattez.
LE DUC
Non , foi de gentilhomme. Eh bien ! mon cher Destouches {^liii prenant la main^j, car je me flatte que nous sommes toujours amis, vous rappelez -vous les soirées que nous avons passées ensemble chez le dup d'Orléans? vous nous y avez lu des comédies charmantes. En faites-vous toujours }
DESTOUCHES
Ah! monsieur le duc, quand on es!: attaqué de cette nialadie-là , on n'en guérir piu^.
-2i)S LA PRINCESSE DES URSINS.
LE D U C , à part. j; .
C'est quelque envoyé secret. Jouons la confiance , et faisons-le parler.
DESTOUCHES, k part.
Il fait ses conjectures sur mon arrivée.
LE DUC
N'êtes-vous pas lié , mon cher ami , avec ce bon Louville? c'est un fort aimable homme, mais qui se mêle un peu trop de ce qui ne le regarde pas. La princesse le fit bien lestement renvoyer en France.
DESTOUCHES, en riant.
Mais il me semble que ce n est pas le seul Français à qui elle ait joué ce tour.