‹ OEuvres complètes (volume 3)Chapitre 198 sur 400 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

La comtesse, DESTOUCHES.

LA COMTESSE

Et monsieur dit donc qu'il arrive de France?

DESTOUCHES

Moi , madame , je ne dis rien.

LA COMTESSE

Ah ! j'entends, monsieur vient de quitter l'armée?

DESTOUCHES

Non , madame , je ne suis pas militaire.

LA COMTESSE

Je sais à présent. Nous attendions un Français nouvellement marié.

DESTOUCHES

Je n'ai jamais été marié.

LA COMTESSE

Il faut supposer alors que vous avez quelques rapports avec le comité diplomatique que Louis entretien l secrètement à Madrid?

3o8 LA PRINCESSE DES ITRSINS.

Je ne puis empêcher les suppositions.

LA COMTESSE

Si votre présence en ces lieux faisait naître un pareil soupçon à la princesse , on pourrait le lui pardonner. IjCs persécutions qu'elle a jadis éprouvées de la part de la cour de France sont à la connaissance de tout le monde.

DES TOUCHES

CVst très-possible, madame.

LA COMTESSE

Mais heureusement que Philippe a le droit de se croire maître chez lui ; et madame des Ursins, par ses talents, on peut dire même par son génie, justifie bien l'attachement du roi.

DESTOUCHES

Je suis loin de dire le contraire.

LA COMTESSE

Je sais qu'on lui reproche beaucoup d'ambition, et qu'on l'accusait même, avant qu'il ne fut question du nouveau mariage avec Elisabeth Farnèse, d'avoir eu la témérité de prétendre à la couronne d']is|)agne; mais comme je me flatte d'être son amie, et d'avoir tous ses secrets, je puis vous certifier que c'est une odieuse calomnie.

DESTOUCHES

Je le crois comme vous.

LA COMTESSE

Cette calomnie est d'autant plus horrible que la princesse même vient de contribuer au mariage du

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