SCÈNE I
Le chevalier de GIRASUL.
( Il corrige au crayon. )
Oui, cette correction est bonne. La marquise de Mêlas sera contente de mes vers. Je l'attends wÀ depuis une heure. C'est singulier comme à la cour on fait peu de cas d'un poète; et pourtant dans les grandes circonstances on n'est pas facile de les trouver. Mon sujet est beau: une jeune reine arrive, et dans mes vers pleins de force et d'énergie, je mets à ses pieds la nation. Oh! c'est sans contredit ce que j'ai fait de mieux! Quel début! quelle chaleur! 11 faut convenir que je suis un bien honnête homme d'auteur; car j'aurais pu, avec quelques changements, me servir pour Elisabeth de Parme des vers que j'avais faits pour Gabrielle de Savoie. Je n'avais que les noms à changer.
Je ne serais pas le premier de mes confrères
Mais non, je suis plus délicat, et puisque mon métier est de louer les grands de la terre, il faut faire les choses en conscience. [Il relit.) Oui, je gage que ce passage sera trouvé très-beau.