‹ OEuvres complètes (volume 3)Chapitre 216 sur 400 · ACTE, II, SCENE V. ^-jtij · texte numérisé non relu

ACTE, II, SCENE V. ^-jtij

LA MARQUISE

Il m'a dit qu'il serait bien qu'on fît des vers pour la réception de la reine.

LA PRINCESSE

L'idée n'est pas mauvaise. Les vers amusent quelquefois , et , dans de semblables circonstances , Louis XIV les a mis à la mode.

LE DUC

Les vers! je les aime beaucoup, quand ils ne sont pas longs ; mais où prendrons-nous un poète.

LA PRINCESSE, en riant.

Bon; est-ce qu'on n'en trouve pas toujours à la suite des cours.

LA MARQUISE

J'ai notre affaire.... un jeune chevalier....

LE DUC

Un chevalier , fi donc ! si cela vous était égal , chère marquise, prenons un roturier. Bientôt il n'y aura plus que ces gens-là qui sauront faire quelque chose : à commencer par ce petit curé de campagne....

LA PRINCESSE

Qui donc ? l'abbé Alberoni ?

L'abbé! ah! du train dont il va, avant deux ans je vous le garantis cardinal.

LA PRINCESSE

Mais enfin, votre poète vous le croyez donc capable?

LA MARQUISE

De tout. Il m'a fait des vers pour Bébé.

33o LA PRINCESSE DES URSINS.

LE DUC , en riant.

Bébé ?

LA MARQUISE

Ma petite chienne! Ils ont enchanté tout Madrid.

LA PRINCESSE

Voilà une excellente raison. Eh bie)i, ma chère amie, il faudra me présenter le chantre de Bébé.

LA MARQUISE

Il est ici , et je n'attendais que l'ordre de votre altesse.

LE D U C , à la marquise au moment où elle s'éloigne pour faire entrer le poète.

Mais dites-nous donc au moins le nom de ce poêle.

LA PRINCESSE, en riant.

Eh! qu'importe? ces auteurs-là n'ont pas de nom.

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